lundi 23 janvier 2017

Environ 9 000 votants de moins qu'en 2011 pour le 1er tour de la Primaire du PS en Haute-Vienne

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Le P.S. n'aura pas pu éviter, à nouveau, des cafouillages de comptabilité, mais il est clair que Benoît Hamon est bien arrivé en tête de la primaire organisée par son parti, avec pour invités quelques petits candidats autorisés. Au moment où j'écris ces lignes, fort du soutien d'Arnaud Montebourg, il semble favori du second tour face à Manuel Valls, qui doit assumer une large partie du bilan Hollande (dont l'usage répété du 49.3, l'idée de la déchéance de la nationalité, la loi travail, la réforme contestée du collège, les cadeaux fiscaux aux entreprises sans contrepartie, etc.). Apparatchik socialiste comme Manuel Valls, Benoît Hamon s'est cependant imposé comme le chef des "frondeurs" et comme le leader, devant Montebourg, de la gauche du Parti Socialiste - parti dont le chef n'aura guère brillé durant le mandat hollandais. Il aura su imposer ses thèmes de campagne (comme François Fillon à droite), en particulier le revenu universel, concept tout à fait légitime à gauche, en tout cas plus que le CICE! Très fragilisé, le Parti Socialiste va devoir résister à ce schisme profond entre "social-libéralisme" vallsien (qui avait été rejeté en 2011) et coup de barre à gauche. Certains proches de l'ancien 1er ministre évoquant déjà en catimini - selon France 2 - leur possible ralliement à Emmanuel Macron en cas de victoire de Benoît Hamon.

En Limousin - d'après les chiffres communiqués par Le Populaire du Centre le 23 janvier - Manuel Valls - soutenu par tous les "grands" élus - arrive en tête en Haute Vienne (38,43% contre 32,55% pour Hamon), en Corrèze également (où quelques facétieux un peu masochistes ont glissé des bulletins au nom de François Hollande... - 37,43% contre 33,65%), mais la Creuse s'affirme plus à gauche, en donnant 41,52% des voix à Hamon contre 31,98% à l'ancien 1er ministre. Michel Vergnier, député-maire de Guéret, soutenait d'ailleurs Benoît Hamon. On note que dans les deux départements où Valls est en tête, Hamon ne décroche pas. A Tulle, fief hollandais, Valls ne devance son rival que d'une trentaine de voix. A Limoges, seuls 2% les séparent. Finalement, le soutien de tous les "grands" élus haut-viennois n'a pas été aussi suivi qu'ils auraient pu le penser. « Soutenir Manuel Valls, avait pourtant déclaré Laurent Lafaye, candidat aux législatives sur l'ancienne circonscription d'Alain Rodet, c’est une forme de reconnaissance de l’action menée. C’est de la cohérence. »

Mais ce qui est très frappant et, il faut bien le dire, guère étonnant, par rapport à la primaire de 2011, c'est que si plus de 11 000 personnes se sont déplacées pour voter, leur nombre est inférieur d'environ 9 000 par rapport à 2011. Une importante baisse, comme à l'échelon national, qui témoigne manifestement du désamour des habitants du département par rapport au P.S. et à ses alliés, mais également de leur déception par rapport à la politique menée par François Hollande depuis 5 ans et Manuel Valls de mars 2014 à décembre 2016. Mais - qui sait ? - la dynamique Benoît Hamon va peut-être déplacer les sympathisants qu'il reste au P.S. vers les bureaux de vote? 

Après la possible victoire de Benoît Hamon, certains pourraient rêver d'une union de la gauche, avec Yannick Jadot (le programme de Hamon prend en compte les problèmes environnementaux) et, pourquoi pas, avec Jean-Luc Mélenchon. Un an après la commémoration - discrète il est vrai, notamment en Limousin - de 1936, cela aurait du sens. Seule l'union permet la victoire. Et puis ce serait une belle façon de renouer avec l'esprit de Jean Jaurès, dont on se souvient du discours à la jeunesse, en 1903: " (...) le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. » Mais on est loin du compte et puis Macron, Fillon et Le Pen sont en embuscade...



 

samedi 7 janvier 2017

Georges Guingouin au cinquantenaire de la Libération de Limoges (1994)

(c) L. Bourdelas

En 1994, j'eus la chance d'assister aux commémorations de la Libération de Limoges, en présence de Georges Guingouin. Je pus le photographier à l'issue d'un discours fort. On distingue également sur la photo Marcel Rigout, vice-président ADS du Conseil général, ancien directeur du journal communiste L'Echo du Centre, Alain Rodet, et Roland Dumas, au garde-à-vous, fils du résistant Georges Dumas, fusillé en 44 par les nazis, lui-même résistant à 20 ans, plus tard avocat de Guingouin.

Limoges, le Comte de Clermont et le barbichet... (1987)

 (c) L. Bourdelas

En 1987, avec le soutien de François Mitterrand, président de la République, avait eu lieu partout en France la commémoration du Millénaire Capétien - Hugues Capet ayant été élu roi de France par ses pairs en 987.
La revue Analogie, que je dirigeais, avait contribué à cette commémoration en organisant un colloque à l'Université de Limoges - Sciences humaines, dont les actes furent publiés dans son n°2, avec le soutien des Editions du CNRS. Elle participa par la suite activement au Bicentenaire de la Révolution Française.
A l'occasion de ce Millénaire, Limoges reçut la visite d'Henri d'Orléans, comte de Clermont, fils du Comte de Paris. Il fut notamment reçu par le président de la CCI, par Louis Longequeue, alors sénateur-maire, qui lui remit la médaille de la Ville de Limoges, et par Robert Savy, président du Conseil régional du Limousin. Visitant une exposition à la B.U., il fut également accueilli par un groupe folklorique et des musiciennes en barbichet, ce qui lui plut beaucoup. 
A l'occasion d'un repas privé place Fontaine des Barres, était aussi présent Stéphane Bern, qui venait de créer le magazine Dynasties.
Le lendemain, il assista en compagnie de son épouse à un concert de l'ensemble Organum en la collégiale de Saint-Léonard-de-Noblat, suivi d'un dîner auquel je participais, en présence de Michel Bernard, député RPR. Henri d'Orléans est aujourd'hui Comte de Paris.

lundi 2 janvier 2017

Le logo contesté de la Nouvelle Aquitaine

Le nouveau logo de la Nouvelle Aquitaine
sur les grilles de l'ancien Conseil régional du Limousin
1er janvier 2017
Après le "bloc provisoire" de quelques mois facturé 6 400 euros H.T. par l'agence bordelaise Citron Pressé, selon Sud-Ouest (ce qui faisait scandaleusement cher l'inscription "Région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes"!), la Nouvelle Aquitaine dispose d'un nouveau visuel de communication.
C'est un lion qui sied bien au nouveau duc d'Aquitaine, le puissant Alain Rousset. En langage institutionnel, cela donne: "l’identité visuelle de la Région Nouvelle-Aquitaine est déployée depuis le 16 décembre 2016. Après la fusion des 3 ex-Régions Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes, elle est l’illustration de l’histoire commune des trois territoires et le symbole du nouveau défi relevé par la nouvelle entité." Les communicants de la région précisent: "un logo pour l’ensemble de la communication corporate (sic) et institutionnelle de la collectivité. Le logo se décline en 2 versions, verticale et horizontale." Nostalgie de l'ancien duché, on indique aussi qu'a été créé un blason "pour la communication protocolaire du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Son utilisation est strictement réservée au conseil régional." On comprend bien que, depuis le Moyen Âge, le blason a une autre gueule (pour employer le langage héraldique) qu'un vulgaire logo. La Ville de Limoges l'a bien compris, qui réutilise les anciennes armoiries avec saint Martial. 




(site du Conseil régional de la Nouvelle Aquitaine)



Bien entendu, dès que l'on voit ce blason ou ce logo, on songe immédiatement aux armoiries de Richard Coeur de Lion:


C'est dire si le communicant - sans doute respectueux, cette fois, de l'argent des contribuables (même si l'on attend de connaître le montant de la facture) - n'a pas été chercher trop loin. Après tout, Richard Ier d'Angleterre (1157-1199) fut incontestablement un Aquitain: il fut notamment, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers. Le fils d'Aliénor fut d'ailleurs couronné duc d'Aquitaine à Limoges et trouva la mort non loin, à Châlus-Chabrol. On nous dit aussi que le tracé des nouvelles limites de la région formerait une tête de lion, dont le profil serait calqué sur la façade atlantique - pourquoi pas? Quant à la la crinière, elle symboliserait les eaux: fleuves et rivières qui la parcourent. Mais comme le fait remarquer France 3: "si la tête du fauve est censée suivre les nouvelles frontières de la région, elle oublie plusieurs départements : La Vienne, les Deux-Sèvres, et la Creuse. Dans ce département Limousin, nous avons constaté une certaine frustration, teintée de résignation." Il faut dire que les Limousins n'étaient guère enthousiastes à l'idée de l'intégration de leur ancienne région dans la nouvelle - une réforme territoriale mal ficelée qui n'avait pas été annoncée dans le programme de François Hollande en 2012 - a-t-elle aussi contribué à cette grande impopularité qui l'a empêché de se représenter? En novembre 2015, l'ancien président du Conseil régional du Limousin Robert Savy - homme de grande valeur - déclarait à La Montagne qu'avec cette réforme, "il s’agit visiblement de conforter l’empire colonial d’une métropole (Bordeaux). Et ce sera d’autant plus difficile que les élus limousins seront 24 dans la grande assemblée, sur 183 élus. Pour se faire entendre, il faudra que chacun soit très bon…" 
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Mais à peine le nouveau logo de la Nouvelle-Aquitaine est-il dévoilé que beaucoup - comme Le Canard enchaîné - s'étonnent de sa similitude avec celui du Territoire de Belfort! Selon France Bleu, la directrice de la communication de la région Nouvelle-Aquitaine, Aurélie Loubes, se défend : "Notre service juridique a identifié 5 720 dépôts de logos utilisant la tête de lion. En plus, les couleurs et la crinière du notre sont très différents de celui de Belfort". Cette dernière affirmation est, on en conviendra, tirée par les poils de la crinière, tant les teintes sont proches (peut-être un peu plus bordeaux pour l'Aquitaine, ce qui serait normal...)! 
Selon l'institution départementale, "le logo du Conseil général du Territoire de Belfort, adopté le 15 novembre 2005, représente, de manière stylisée, la tête du lion de Bartholdi, symbole de la ville de Belfort, la gueule formant la lettre "C" des mots "Conseil général", ces derniers surmontés du nom du territoire, le tout dans des couleurs rouge carmin et jaune olive. Le logo se veut fédérateur et doit permettre d'identifier facilement le Conseil général, ses actions et de traduire la modernité du département." L'arrivée de celui de la Nouvelle-Aquitaine va un peu brouiller les choses et il sera plus difficile d'identifier l'un ou l'autre territoire. Même si on note que le lion aquitain tourne la tête vers la gauche, comme son président, et celui de Belfort vers la droite, comme Florian Bouquet, président Les Républicains.
On verra donc qu'en pense l'Inpi (Institut national de la propriété industrielle), qui n'a pas encore validé le logo de la Nouvelle-Aquitaine, mais reconnaissons qu'il s'agit là, pour le moins, d'une maladresse de la part de professionnels en théorie spécialistes de la communication.