dimanche 22 mars 2015

Vendredi 3 avril 2015: interprétations électorales limousines

Incontestablement, ce café-débat promet d'être captivant, en raison de sa date, de Julie Carnis qui l'animera, et des intervenants... Et puis nous serons dans la salle.

samedi 21 mars 2015

Henri Pena-Ruiz était à Limoges le 16 mars 2015 pour évoquer la laïcité





Il y a peu, le philosophe (agrégé, docteur d’Etat) Henri Pena-Ruiz était à l’ESPE de Limoges, dans le cadre des Journées philosophiques organisées cette année sur le thème captivant des religions. Devant un auditoire nombreux de jeunes se destinant au métier d’enseignant, de professeurs de philosophie et de quelques professeurs d’histoire-géographie-éducation civique, il a prononcé une conférence sur la laïcité, introduite par un hommage à ses amis disparus de Charlie Hebdo et non exempte de quelques propos polémiques (il milite en effet pour le Front de Gauche – on n’est pas obligé de penser comme lui qu’une VIème République serait plus laïque que l’actuelle…). Son intervention, émaillée de belles citations de poètes comme Hugo ou Aragon[1], s’est structurée en trois parties : historique – avec une tentative de démonstration par l’absurde de nécessité d’un Etat laïque –, philosophique et juridique ou, en tout cas, législative, sous les auspices d’Edgar Morin qui déplore qu’il y a un manque de régénération « historique » (les sources) de la laïcité.

Henri Pena-Ruiz a souhaité montrer comment, lorsqu’un Etat n’est pas laïque, c’est-à-dire lorsqu’il n’est pas dissocié de la religion, ou même lorsqu’il se mêle de la sphère privée (ce qui est d’ailleurs l’une des constantes du totalitarisme), la liberté individuelle ne peut s’épanouir, l’ « hérétique » ou celui soupçonné d’être tel étant menacé de mise à l’écart, d’emprisonnement ou même de mort. Ce fut le cas, indique le philosophe, des premiers chrétiens jetés aux lions par les empereurs romains. Henri Pena-Ruiz cite d’autres exemples : la croisade contre le catharisme jugé hérétique par l’Eglise catholique (dont il n’évoque malheureusement pas l’aspect politique) ; la Saint-Barthélémy le 24 août 1572 qui voit le massacre de protestants par les extrémistes catholiques (Pena-Ruiz en attribue sans doute à tort l’ordre au roi de France qui, au contraire, essaya d’après ce que l’on en sait d’interrompre les crimes) ; l’affaire Calas (1761) qui vit celui-ci, protestant, être accusé d’avoir tué son fils qui aurait voulu se convertir au catholicisme et être supplicié puis exécuté ; l’affaire du chevalier de La Barre (1766), âgé de 20 ans, supplicié et exécuté pour blasphème et sacrilège.
Dans les deux derniers cas, Pena-Ruiz rappelle le rôle joué par le philosophe Voltaire, dont François-Jean Lefebvre de La Barre était d’ailleurs un lecteur (son acte d’accusation précise qu’il détenait des « livres infâmes » dont le Dictionnaire philosophique et lorsqu’il est ensuite jeté au bûcher un exemplaire du livre est cloué sur son torse). Voltaire prend la défense du chevalier après coup, démonte les accusations, fait arrêter les poursuites contre les co-accusés. De même Voltaire avait-il réussi à faire réviser le procès de Calas et à obtenir un arrêt qui le déclarait innocent et réhabilitait sa mémoire. C’est à cette occasion qu’il écrivit son traité sur la tolérance (1763). Voltaire y invite à la tolérance entre les religions et prend pour cible le fanatisme religieux et présente un réquisitoire contre les superstitions religieuses.
Henri Pena-Ruiz évoque aussi l’Edit de Nantes signé le 30 avril 1598 par le roi Henri IV, qui est d’abord un édit de pacification fondé sur une amnistie générale suite aux guerres de religion, et un édit de tolérance qui assure la coexistence religieuse entre catholiques et protestants. Si l’édit est vu par les historiens comme un texte renforçant l’autorité royale et l’annonce de deux nouveaux principes : la liberté de conscience et la sûreté des personnes et du domicile, Pena-Ruiz s’attarde sur le mot tolérance, de tolerare (supporter, en latin). Pour lui, le mot implique qu’un « dominant » - le roi – supporte chez ses « dominés » - ses sujets – une autre religion que la sienne (ce qui n’est pas encore la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : « les hommes naissent libres et égaux en droits »). Par ailleurs, Louis XIV révoqua l’Edit en 1685.

            Hormis Voltaire, Henri Pena-Ruiz évoque, lorsqu’il est question d’Henri IV, la figure de Michel de L’Hospital (1506-1573), partisan de la tolérance civile, qui ne put empêcher l’intolérance religieuse. Il cite évidemment également Michel de Montaigne et surtout Baruch Spinoza (1632-1677), parmi les premiers philosophes à s’atteler à une exégèse rationaliste de la Bible qui l’amène à formuler la distinction entre le croire et le savoir (Traité Théologico-Politique, I, 1670). Pena-Ruiz souligne chez lui le découplage entre religion et puissance publique. De même cite-t-il John Locke (1632-1704), influencé par les théologiens baptistes. « L'Etat, selon mes idées, est une société d'hommes instituée dans la seule vue de l'établissement, de la conservation et de l'avancement de leurs intérêts civils. J'appelle intérêts civils, la vie, la liberté, la santé du corps ; la possession des biens extérieurs, tels que sont l'argent, les terres, les maisons, les meubles, et autres choses de cette nature. Il est du devoir du magistrat civil d'assurer, par l'exécution impartiale de lois équitables, à tout le peuple en général, et à chacun de ses sujets en particulier, la possession légitime de toutes les choses qui regardent cette vie. » Il ajoute, pour bien délimiter les frontières de chaque « compétence » (civile et ecclésiastique) : « La juridiction du magistrat temporel se termine à ces biens temporels, tout pouvoir civil est borné à l'unique soin de les maintenir et de travailler à leur augmentation, sans qu'il puisse ni ne doive s'étendre jusques au salut des âmes. » Pena-Ruiz cite Rousseau écrivant que la loi doit être l’expression de la volonté générale, indépendamment de la diversité des intérêts particuliers et des croyances de chacun.
Pena-Ruiz souligne que l’Etat n’a plus à dicter un modèle d’accomplissement, la res private n’est pas la res publica. Il souligne que l’Etat n’a pas à se mêler de la sphère privée, sinon, le totalitarisme advient. Henri Peña-Ruiz classe la croyance religieuse au rang des « options spirituelles », au même titre que l'agnosticisme et l'athéisme. Militant pour une égalité de traitement des convictions personnelles, il refuse tout privilège public accordé à la religion, de même que tout privilège public qui pourrait être accordé à l'athéisme. Le respect de la sphère privée des personnes implique que l'État s'abstienne de valoriser toute croyance particulière. Il condamne ainsi le régime concordataire en Alsace-Moselle qui, depuis Napoléon Ier, reconnaît et organise les cultes catholique, luthérien, réformé et israélite et permet à l'État de salarier les ministres de ces cultes et constitue donc une exception à la séparation des Églises et de l'État. En revanche, répondant à une question, il estime que le calendrier français est le fruit de l’histoire – avec des jours fériés d’origine chrétienne et d’autres républicaine) – et qu’il n’est pas pertinent de vouloir le modifier.

La loi doit garantir la concorde républicaine, la liberté de conscience, l’égalité des droits et l’universalité, source de fraternité. Les valeurs républicaines, dont la laïcité (source d’émancipation), sont des valeurs universelles.

Le philosophe souligne la nécessité de services publics et laïcs dans la République (Santé, Justice, Ecole…). Henri Peña-Ruiz, définit l'essence de l’Ecole dans une perspective à la fois « humaniste et républicaine », qui se veut fidèle aux Lumières, en particulier à Condorcet, auteur de L’instruction publique et la naissance du citoyen[2]. Selon le mot de Bachelard, qu’il cite, « l'École n'est pas pour la société, mais la société pour l'École ». Henri Peña-Ruiz s'en prend aux slogans mystificateurs et dévastateurs du pédagogisme, qu'il distingue de la pédagogie, comme placer l'élève au centre du système éducatif, ou encore l'impératif de transdisciplinarité. Il s’oppose à l’intrusion de la société dans l’Ecole (religions, économie, publicité…), souhaitant que celle-ci demeure, malgré les difficultés, un sanctuaire. Reprenant un mot de Régis Debray, il affirme que « la République a besoin de citoyens incommodes » qu’il appartient aux enseignants de former, ceux-ci devant apporter la culture aux élèves. Tout ceci impliquant la restauration de l’autorité du magister (et non du dominus). Répondant à une question, Henri Pena-Ruiz indique qu’il faut plutôt qu’enseigner le fait religieux à l’école, parler de toutes les formes de spiritualité, des mythes fondateurs et aussi de l’athéisme.


[1] Il fait de La rose et le réséda un poème de la laïcité.
[2] On relira avec intérêt Élisabeth Badinter et Robert Badinter, Condorcet : un intellectuel en politique, Fayard, 1988.

samedi 14 mars 2015

Petit frémissement des candidatures d'union républicaine en Haute-Vienne

La stratégie actuelle est au battage médiatique autour du Front National: c'est bon pour les médias et, semble-t-il, bon politiquement pour un exécutif impopulaire qui cherche à  (re)trouver à bon compte un vernis de gauche, après tant de promesses non tenues et de déceptions. Il y a certes des raisons d'être inquiet, y compris en Limousin! Les idées d'extrême-droite et le programme du F.N. ne pouvant que conduire dans le mur - et l'on sait que parmi ses électeurs, il y a ceux qui expriment une protestation et ceux qui adhèrent (il n'y a qu'à lire certaines déclarations publiées par certains candidats sur les réseaux sociaux - ce n'est pas pour rien que le MRAP et l'UEJF viennent de porter plainte contre certains d'entre eux, notamment à Limoges). Cette surmédiatisation - excessive - va porter ses fruits, toute comme l'abstention des déçus du précédent et de l'actuel quinquennats. Si la France se "fracasse" ce sera d'abord à cause de ces déceptions. Mais avant elle, c'est semble-t-il le P.S. qui va se "fracasser", ce qu'il a commencé à faire, en Haute-Vienne, avec la perte de Limoges et d'un sénateur (et pas n'importe lequel: le 1er secrétaire départemental).

Alors, certaines initiatives passent plus ou moins inaperçues, ainsi ces candidatures qui réunissent des candidats soutenus à la fois par le Parti Radical et le Parti Radical de Gauche. Ce fut le cas à l'occasion des sénatoriales avec Jean-Marc Gabouty et Monique Boulestin - duo gagnant. C'est le cas à l'occasion des départementales avec Christine de Neuville et Alexandre Bara dans le canton d'Eymoutiers, face à trois listes de gauche, dont deux à l'extrême-gauche (!).

Ceux qui ont été étonnés par cette alliance, contrairement aux grands électeurs qui ont élu J.M. Gabouty, ceux qui ont parlé de "traîtrise" à propos de Monique Boulestin, hormis le fait qu'ils n'ont guère été politiquement clairvoyants, manquent sans doute à la fois de subtilité et de connaissances historiques. Et même Le Populaire du Centre qui a simplifié les candidats du canton d'Eymoutiers en "candidats de droite" a sans doute été vite en besogne. En effet, lorsque le P.R.G. s'allie avec le P.S., personne ne parle de candidats de droite ni de traîtrise... En fait, cette "union républicaine" est plutôt, politiquement et localement, une renaissance d'un Centre radical, plutôt logique historiquement. 

A ceux qui ne connaîtraient pas ou auraient oublié les apports du radicalisme historique à la démocratie et à la République, je conseille la lecture de ces rappels:



 Souvent divisé et éparpillé, le Centre pourrait cependant être une alternative locale et nationale, permettant d'échapper à l'hystérisation actuelle de la politique, si tant est qu'il réussisse un jour à vaincre ses divisions, celles qui éloignent le centre-droit du centre-gauche. Les Verts ont fait le choix - par ailleurs discutable et discuté - de s'allier en Haute-Vienne avec le Front de Gauche, mais le Centre a lui-même des préoccupations écologiques - les candidats du canton d'Eymoutiers sont d'ailleurs soutenus par Génération Ecologie, dont les fondateurs (Brice Lalonde, Haroun Tazieff, Jean-Louis Borloo, Noël Mamère, Yves Pietrasanta, etc.) avaient fait leurs preuves de militants de l'environnement (voir ci-dessous).


 Mais en France - lisons Mona Ozouf à ce sujet - depuis la Révolution Française, la tradition politique veut que l'on s'écharpe aux extrêmes et que l'on cultive la culture de l'affrontement au détriment de celle du consensus. Et rien ne dit que ceux qui se déplaceront pour aller voter ne choisiront pas l'extrême-droite plutôt que le Centre...












samedi 7 mars 2015

Il faut protéger la mosaïque Lecomte-Chaulet place des Bancs à Limoges!

Elle est place des Bancs, côté rue, devant un magasin de vêtements. Elle est belle, mais elle s'abîme doucement. Il ne faudrait pas grand chose pour la restaurer et la protéger avant qu'il ne soit trop tard... 

Le nom qui y est écrit n'est pas n'importe lequel... 

En effet, sous l'Occupation, le mouvement de résistance Franc-Tireur s’est organisé sous la direction d’Edgar-Eugène Lecomte-Chaulet, marchand de tissus place des Bancs, avec l’aide de son fils Robert-Jean. Parmi les membres du réseau, Arsène Bonneaud, professeur à l’Ecole de médecine de Limoges révoqué par Vichy (mort en déportation à Buchenwald), secondé par Maurice Rougerie, instituteur – père de René, lui-même résistant et futur célèbre éditeur de poésie. Pierre Lavaurs, entrepreneur, gérait la réception du journal Franc-Tireur (2 000 exemplaires distribués en 1943). 
Pendant la guerre, mon grand-père Marcel Vinoy, en liaison avec Lecomte-Chaulet, imprimait des faux papiers dans les souterrains de la place, avec lesquels son magasin de vins communiquait... 
Lecomte-Chaulet. A droite: ma grand-mère Rose et ma mère Françoise.
Ma mère dans la décapotable de Lecomte-Chaulet, après la Libération

Je me souviens aussi de cette statue au jardin de l'Evêché, à Limoges

Je me souviens, lorsque j'étais enfant, dans les années 1960,
de cette statue au Jardin de l'Evêché... Qu'est-elle devenue?

dimanche 1 mars 2015

Le mystère des statues disparues de Limoges

Le Chêne et le Roseau, d'après Jean de La Fontaine, au Jardin d'Orsay puis au Jardin de l'Evêché
Comme les autres villes, Limoges a été, est toujours, agrémentée de statues diverses et variées, de plus ou moins grande importance et signification. J'ai ici même déjà évoqué la statue de Jeanne d'Arc de Maxime Real Del Sarte, place Fournier. Il y a la Vienne et le Taurion, au Champ de Juillet (ci-dessous), et tant d'autres! Des bas-reliefs, les monuments aux morts, les sculptures de bâtiments (comme la gare des Bénédictins ou l'Hôtel-de-Ville), ou certaines au cimetière de Louyat, et même les créations contemporaines pas très belles installées aux entrées des collèges des années 1960 et 70 (qui dépendent aujourd'hui des Conseils généraux) auxquelles on préfère sans nul doute la statue de Gay-Lussac située à l'entrée de celui-ci et dont la tradition veut que l'on touche le pied droit par exemple pour réussir au bac. Il y a encore la pietà de la place Saint-Aurélien, les statues des églises et chapelles, celles protégées par diverses niches...
La place Jourdan accueille plusieurs statues dont, depuis 1963,
celles du monument aux morts de 14-18 (détails ci-dessous (c) L. Bourdelas),
qui auraient sans doute besoin d'une restauration

Place Jourdan (c) L. Bourdelas
Cimetière de Louyat (c) L. Bourdelas
Statue au-dessus de la porte d'une écurie, maison privée, quartier des Emailleurs
(c) L. Bourdelas 

Statue à l'entrée du collège Guy de Maupassant, rue du Petit Treuil
Et puis il y a les statues "disparues" pour diverses raisons. Ainsi de celles démontées par les nazis pour alimenter leurs réserves de fonte. Celles détruites pour des raisons sans doute esthétiques, comme cette fontaine horrible qui "orna" un temps la rue du Consulat (voir ci-dessous).

L'enlèvement, au profit des nazis, de la statue de Gay-Lussac,
place d'Aine (c) Paul Colmar/Histoire de Limoges, Geste Editions, 2014

 Dessin paru dans la revue Analogie n° 9, avril 1987, avec le texte suivant,
extrait de l'article "Limoges au vitriol", un poil ironique à propos des années Longequeue finissantes, 
écrit par Jérôme Dugland:
"on admirera place des Bancs entre les anciennes maisons à colombages restaurées
un ouvrage cubique qui frappe l'attention: audacieuse rencontre, voire télescopage
des styles, il s'agit d'une fontaine que les limougeauds ébahis verront chaque
année se parer des splendeurs de l'hiver; ils retrouveront d'ailleurs
l'évènement célébré comme il se doit à la une de leurs quotidiens régionaux."


Et puis il y a celles enlevées dans le cadre de modification urbanistique ou d'aménagement et jamais retrouvées. Celles mises de côté en raison de leur état mais jamais revenues. Celles "oubliées" ou "disparues", enfin, mystérieusement. On pense bien entendu au Chêne et au Roseau qui aurait été déplacé au moment des travaux au Musée des Beaux-Arts de Limoges, entreposé dans un hangar mais pour l'instant non réapparu. La partie supérieure, également, du monument dédié au Dr François Chénieux, maire (de droite) de Limoges, longtemps entreposé devant l'Hôtel-de-Ville et l'ancien hôpital (le bas-relief étant dans le hall d'accueil de la nouvelle clinique Chénieux). A son sujet, certains parlent de vol.

Le monument à Chénieux (c) photothèque Paul Colmar

Un jour que mon père - qui habite à côté - demandait à un adjoint au maire pourtant féru d'histoire ce qu'était devenue la statue de Pan jouant de sa flûte qui ornait la place Maison-Dieu jusque dans les années 1970 (et que je saluais moi-même tous les matins en partant au collège), celui-ci osa lui répondre qu'il n'y en avait jamais eu! La statue occupait pourtant l'emplacement d'une fontaine en céramique de Camille Tharaud, elle-même disparue. Il faut croire que les oeuvres de Tharaud étaient recherchées, puisque ses panneaux décoratifs initialement installés dans les boiseries du hall de la gare des Bénédictins ont aussi disparu (le mobilier en bois ayant été enlevé en 1979).

Autre disparition signalée: Daphnis - fils d'Hermès et d'une nymphe, qui aurait appris à Pan à jouer de la flûte -, statue située square Pierre-Leroux au bas de la rue Turgot. Dans Le Populaire du Centre, Michel Toulet, le dynamique président de Renaissance du Vieux Limoges, a déploré, le 14 janvier 2015, d'autres disparitions, outre celles que nous citons ici: le "Tireur d'épine",  le "Peintre sur porcelaine" place Marceau, le grand Christ en croix avenue Beaudin...

On ose croire qu'il ne s'agit que de négligence, et pas d'intention... Michel Toulet - encore lui - vient de consacrer, dans le bulletin n° 72 de l'association (37 rue Adrien Tixier, 87 100 Limoges, 5 euros), un captivant article au vandalisme de 1814-1913, dont on attend avec intérêt la suite, plus contemporaine... Il y livre un document incroyable que je vous invite à découvrir par vous-même: il nous apprend que la municipalité Labussière songea un temps à démolir le pont Saint-Etienne, ce que justifia ainsi Léon Betoulle, le futur maire: "le Passé ne saurait suffire, il faut vivre avec le Présent et envisager l'Avenir!" C'est finalement François Chénieux (dont le buste a disparu...) qui accepta le classement du pont comme Monument Historique! Une idéologie "moderniste" était à l'oeuvre, qui fit encore des ravages les décennies suivantes. Mais le médaillon de Betoulle (qui vota les pleins pouvoirs à Pétain...) est bien toujours en place, face à la salle du conseil municipal.

Le monument à Léon Betoulle le jour du conseil municipal qui
vit l'élection d'Emile-Roger Lombertie au fauteuil de maire au printemps 2014
(c) L. Bourdelas

Maintenant, que faire? On attend bien évidemment de nos édiles qu'ils fassent le maximum pour savoir ce qui se trouve exactement dans les différents entrepôts et propriétés municipales de la ville - à défaut de pouvoir définir avec précision qui sont les responsables de ces disparitions. Si nous savons que Le Chêne et le Roseau a été vu il n'y pas si longtemps, ce devrait être assez facile de le retrouver! Après, il s'agira d'opérer les restaurations qui s'imposent et de montrer à nouveau aux habitants de Limoges ce patrimoine qui leur appartient. De plus, afin d'éviter que ce genre de choses déplorables se reproduisent, il serait bon qu'un inventaire sérieux des oeuvres d'arts, statues, etc. (hors musées ou Bfm) soit réalisé (certes, diverses études, comme celles liées à la Z.P.P.A.U.P. ou au plan d'urbanisme ont posé des jalons, mais il faut entreprendre un travail plus exhaustif). Bien entendu, Limoges "ville d'art et d'histoire", a tout à y gagner, toute valorisation de ce patrimoine profitant à la mise en valeur touristique de la cité.