dimanche 23 novembre 2014

Le Populaire du Centre met les pieds dans le plat de La Borie

Le jeudi 20 novembre 2014, Le Populaire du Centre a consacré deux pages très remarquées, justifiées et... explosives, à "La Borie, entre grandeur et décadence". Nous avions annoncé ici-même le départ de Christophe Coin, qui avait été à l'origine de la renommée internationale de l'Ensemble baroque de Limoges - renommée qui avait d'ailleurs permis l'acquisition et la mise en valeur du site de La Borie. Le départ de ce grand musicien a été une perte cruelle pour Limoges et sa région. A La Borie, il n'y a plus que du jazz (certes de qualité) et des jardins sonores à l'intérêt finalement limité.
Le quotidien régional livre une enquête très fouillée de Laurent Bonilla à laquelle je renvoie: il y est question d'un "déficit qui serait abyssal", de collectivités "piégées" qui "paieront", d'une Isabelle Depret-Bixio "mégalomane qui a été dépassée par les évènements", de jardins sonores très coûteux (2 449 000 euros de fonds publics et 924 000 privés) qui "n'ont jamais fonctionné correctement", de la fameuse collection de Jean-Marie Masse (Hot-Club de Limoges) qui n'irait finalement pas à La Borie. Sollicités par le journaliste, les subventionneurs publics (652 000 euros en 2014!), Ministère de la Culture, Conseil régional, Limoges Métropole (La Ville a supprimé sa subvention de 100 000 euros en 2013 lors de la disparition de l'EBL, ce qui semble logique) "ont tous refusé de s'exprimer sur le sujet". 
On imagine que l'article du Populaire suscite bien des émotions et des commentaires et certains, au sein même de la structure, se disent, en off, tristes et déçus de cette situation; inquiets aussi. Il est évident que La Borie va devoir s'expliquer, faire le point (on espère que ce ne sera pas devant la Justice) et qu'il faudra bien prendre des décisions à propos de l'avenir, les subventions publiques provenant des impôts des citoyens étant conséquentes. 
On rêve toujours de voir renaître un Ensemble baroque de Limoges, mais avec qui? L'âge d'or de Christophe Coin s'en est allé. Quel gâchis!

Lancement de l'Histoire de Limoges

Vendredi 5 décembre à 18h, aura lieu au Café littéraire (Hall de la Bfm de Limoges) une soirée autour de ce livre qui connait dores et déjà un beau succès en librairie.
L’aménagement d’Augustoritum par les Romains marque le début d’une histoire des plus riches. Dans cet ouvrage, Laurent Bourdelas, grâce aux recherches les plus récentes revient sur l’histoire de cette ville d’art et d’histoire. Limoges, capitale de la musique et de l’émail au Moyen Âge, puis, plus tard, ville de la porcelaine, des luttes sociales, de la résistance... est aujourd’hui incontestablement une ville où la création est une tradition bien ancrée. Une large partie de ce "beau-livre" est d'ailleurs consacrée aux différentes formes d'art aux 20ème et 21ème siècles, jusqu'aux plus contemporaines. L'auteur pose par exemple les jalons d'une histoire des arts plastiques de Raoul Haussman à Claude Viallat, de Roch Popelier à Pierre Jarraud, ou de Patrick Jude à Rémy Pénard.
Premier ouvrage préfacé par le nouveau maire, Emile-Roger Lombertie (mais aussi par l'écrivain Eric Faye) c'est aussi le premier à tenter une analyse de l'alternance municipale de 2014...
Le 5 décembre, divers intervenants prendront la parole, aux côtés de l'auteur (qui signera son livre), comme l'éditeur Romain Naudin, l'ancien galeriste Claude Bensadoun ou le critique d'art Patrick Mialon.  

(Entrée ouverte à tous, chacun payant sa consommation.)

samedi 22 novembre 2014

Le conseil municipal de Limoges baptise des rues et des monuments

J'ai la nostalgie de cette piscine de Beaublanc et du fameux 10 mètres d'où nous sautions avec l'estomac noué... Il y avait les gradins, les terrains de volley, le bar en terrasse...
La superbe Claude Mandonnaud a connu ces bassins... La voici photographiée - entre oiseau et animal marin. Elle fut championne d'Europe du 400 m nage libre en 1966 à Utrecht en 4'48", médaille de bronze sur 4 x 100 m nl aux Championnats d'Europe de 1974, 7 fois finaliste en 1966, 1970 et 1974 aux championnats d'Europe et aligna 50 titres et 9 médailles d'argent aux championnats de France. Il donc légitime qu'une rue porte son nom, ainsi que la grande salle du centre aquatique.


L'école élémentaire du Grand-Treuil portera quant à elle le nom d'Odette-Couty, jeune institutrice remplaçante qui résidait rue du Grand Treuil et fut victime de la barbarie nazie à l'âge de 23 ans, à Oradour-sur-Glane.

Je me permets de signaler à M. le Maire de Limoges que le jeudi 11 avril 2013, lors du colloque "Le Limousin et ses horizons dans l'oeuvre de Georges-Emmanuel Clancier", à l'issue de ma communication à propos de cet écrivain et du poète Joseph Rouffanche (publiée dans le Bulletin des Anciens de Gay-Lu 2014), j'ai émis le voeu que le nom de l'auteur du Pain noir soit donné à la Bfm de Limoges - il serait formidable que ce soit en présence de l'intéressé, qui va avoir 101 ans en 2015...

Par ailleurs, dans les années 1990, l'association Analogie, que je présidais, avait officiellement demandé à M. Alain Rodet, maire de Limoges, de baptiser une rue ou une allée "Rose Duquenne-Vinoy". En effet, celle-ci symbolisait à nos yeux l'un des aspects parfois méconnus de l'histoire de notre ville: femme, venue de Picardie au moment de l'Exode de 1940, avec sa fille de 6 mois, elle avait participé, avec son mari Marcel, caviste place des Bancs, à des actions de résistance (impression de faux papiers pour les Juifs et la Résistance, aide à des maquisards...). C'était ma grand-mère maternelle.

dimanche 16 novembre 2014

Où il est question de Limoges dans Libération

Le jeudi 30 octobre 2014, la photographie d'Emile-Roger Lombertie, nouveau maire de Limoges, était en "Une" de Libération, accompagnée par cette légende: "Passée à droite à 587 voix près, la ville historiquement ancrée à gauche, vit depuis mars au rythme de son nouveau maire UMP, tendance décomplexée." Jamais la presse nationale n'avait autant parlé de Limoges que depuis qu'elle a été conquise par la droite! Mais c'est très bien que Libé s'intéresse un peu à notre ville, ce qui est le cas depuis qu'elle permet à la plume de Julie Carnis de s'exercer... Pages 10 et 11 du quotidien, donc, un titre sans ambiguïté (mais choisi, nous dit la journaliste, par le quotidien): "Limoges terni par la droite dure" (j'aurais mis un e à "terni" même si les usages varient), évoquant en chapeau (texte également choisi par le journal) un "maire adepte de la politique spectacle et des arrêtés populistes." Nous avons déjà longuement analysé ici - ainsi que dans mon livre Histoire de Limoges - les raisons multiples de cette alternance; Julie Carnis y revient ici, en soulignant aussi les différences de comportement de l'ancien maire Alain Rodet "froid et austère" (ce qui reste à prouver...) et le nouveau, plus "affable". Quelques piques sur le nouvel édile: "Jacques Chirac avait les pommes, Roger Lombertie a choisi le chewing-gum." Des interrogations (avec l'historien Vincent Brousse) à propos de la ligne politique, avec un rappel sur le fait que le nouvel élu ait accepté de désigner à la présidence d'un sous-comité de la commission "éthique" chargée de la "surveillance des associations" à un conseiller municipal F.N. Julie Carnis appelle également à la rescousse l'avocat Jean-Eric Malabre, spécialiste du droit d'asile, à propos de la volonté du maire de "supprimer la possibilité pour les gens du voyage de contester un arrêté d'expulsion." Le juriste a beau jeu d'évoquer alors l'ex-URSS ou la Chine. Julie Carnis évoque encore les arrêtés anti-prostitution ou anti-mendicité - logiques concessions à l'électorat de droite. Il faut dire que la prostitution dans le quartier du Champ de Juillet et autour était devenue une véritable plaie pour les habitants du quartier et constituait un drôle de paysage pour ceux qui arrivaient en ville par le train! Sans parler des problèmes de stupéfiants, de délinquance diverse, de la condition faite aux femmes! Force est toutefois de constater que la prostitution continue, ailleurs... La journaliste évoque aussi le recrutement d'une dizaine de militants et sympathisants UMP par les services municipaux, ce qui change effectivement des recrutements de militants et sympathisants PS des 102 années précédentes... Elle évoque enfin la gauche "apathique" (elle pourrait dire aussi "divisée") - ce qui est un euphémisme. Dans les témoignages recueillis sur un marché de la ville, on retient cette phrase: "à droite ou à gauche, ce qui manque à cette ville, c'est une identité et un vrai leader." Surtout à gauche, pour l'instant! D'ailleurs, on s'étonne qu'aucun(e) élu(e) de l'opposition ne s'exprime dans cet article. Il est évident que la gauche - et en particulier le Parti Socialiste local - doit se remettre en cause, analyser sérieusement sa défaite, écouter, à nouveau proposer, et laisser émerger des talents, si elle veut un jour reconquérir la ville. C'est d'ailleurs en cela qu'une alternance est bonne.

samedi 1 novembre 2014

Le magnifique comédien limougeaud Jean Pellotier vient de disparaître

Dessin de Christophe Lagarde

Il y a tout juste un an, en novembre 2013, l'excellent Jean Pellotier me confiait ses souvenirs pour un ouvrage qui paraîtra prochainement. En voici un extrait.
 
 
« Ainsi que nombre de comédiens, c’est en partie pour vaincre ma timidité et aussi parce que j’ai éprouvé très vite une passion pour la poésie, que je commençai à m’entraîner dans la chambre vide d’un très vaste appartement – pièce comportant une alcôve pouvant figurer un plateau. C’est donc sous l’Occupation que j’affrontai le public en des spectacles donnés au bénéfice des prisonniers de guerre. Encouragé par mes camarades collégiens auprès desquels, me semblait-il, j’avais gagné quelque estime, je montai à Paris, venant de Fontenay-le-Comte en Vendée, avec une insouciance totale vis-à-vis de la concurrence, cramponné à mon ego ! C’était l’automne 1945.
            Je m’inscrivis au cours d’un certain Louis Blanche (le père de Francis), comédien au Théâtre de l’œuvre. Ces cours avaient lieu au Théâtre des Noctambules, à deux pas de la Sorbonne. Je n’y suis resté que quelques mois. Et ce furent des mois de petits boulots : spectacles de patronage, synchro, figuration… et théâtre de salon chez ma propriétaire, poétesse et hagiographe à la Bonne Presse… ambiance « Madame Verdurin ». Pour sortir de cette situation aléatoire, j’eus l’idée de me présenter à un concours de speaker en 1947, conjointement à une audition de comédiens à la Radio Diffusion Française. J’eus la joie d’être reçu, mon timbre de voix convenant au style très officiel propre à l’époque. Nommé à Tunis (1949-1955) puis à Toulouse (1955-56), je suis arrivé ensuite à Limoges, boulevard Victor Hugo, où j’ai exercé jusqu’à l’éclatement de l’Office – 26 ans de radio au cours desquels le métier de speaker s’effaçait sournoisement face à l’emprise grandissante des journalistes et animateurs plus ou moins déboutonnés… Dieu merci, les émissions dramatiques m’ont permis de tenir la tête au-dessus des ondes, sans parler des émissions littéraires et de plusieurs spectacles décentralisés ou de télévision régionale et nationale.
            Et ce fut le Conservatoire de Limoges, où je suis resté aussi 26 ans, succédant à Jean Dorsannes, mon successeur étant Michel Bruzat. Vinrent ensuite nombre de participations avec J.P. Laruy, le Grand Théâtre, le Festival de Bellac, Michel Bruzat, des films avec Patrick Jeudy, la télévision avec Serge Danot… Verba volent ! » (c) L. Bourdelas, 2014.