vendredi 21 février 2014

Le chêne et le roseau



Sculpteur limousin, Henri Coutheillas, naît à Limoges en 1862.
On lui doit la célèbre sculpture du Chêne et le Roseau du jardin d'Orsay à Limoges et un Baiser à la Source installé dans le jardin de l'Elysée à Paris.
Après la Grande Guerre, il se consacre à la réalisation de monuments aux morts. Ses œuvres suivent alors toutes la même inspiration : une femme limousine, en vêtements traditionnels, est représentée seule, en général debout, l’air triste, la tête baissée. C’est la fille, la sœur, la veuve du soldat dont le nom est inscrit sur le monument. Plusieurs communes de la Haute-Vienne ont choisi cette manière pacifiste de célébrer leurs nombreux disparus. 
Il décède à Limoges en 1928.

Le Chêne et le Roseau fut ensuite déplacée au jardin de l'Evêché, non loin du musée devenu des Beaux Arts. Pour l'instant, la statue n'est plus visible à Limoges, ce qui est dommage: restaurée, il est de nombreux endroits où elle pourrait à nouveau être montrée aux Limougeauds, en plein air ou en intérieur...

De même y avait-il, il n'y a encore pas si longtemps, en contrebas de la gare des Bénédictins, place Maison-Dieu, une magnifique statue de centaure qui, elle aussi disparue, mériterait d'être valorisée.

mercredi 5 février 2014

La Direction Régionale des Affaires Culturelles du Limousin baisse sa subvention à La Passerelle

Au théâtre de La Passerelle; à droite, une photographie
de Michel Bruzat (c) L. Bourdelas

Je ne connais pas Véronique Daniel-Sauvage, la nouvelle directrice des Affaires Culturelles du Limousin, bien qu'elle soit originaire de Limoges. Comme elle est demeurée loin de la capitale régionale pendant 35 ans, elle n'a sans doute pas eu l'occasion d'apprécier à sa juste valeur le travail fait en matière de théâtre (n'en déplaise à Roland Giraud), par exemple le travail de création et d'accueil du Théâtre de La Passerelle, rue du Général du Bessol à Limoges, qui, inlassablement, met en scène à la fois des auteurs dits "classiques", mais aussi des auteurs contemporains, ou les accueille. Critique théâtral depuis 30 ans, mais également accueilli à La Passerelle pour ma mise en scène de BOXES, de Marie-Noëlle Agniau (spectacle non aidé par la DRAC) pour sa création puis la reprise suite à son succès, je ne peux que saluer le parcours de cet homme de théâtre (et de ce formateur) passionné, qui aime à la fois émouvoir, faire rire et faire réfléchir. La critique ne s'y trompe d'ailleurs pas - pas plus que ceux qui vont voir ses spectacles au festival d'Avignon. Lorsque la nouvelle directrice a commenté son arrivée dans Le Populaire du Centre, elle a évoqué des "pépites": incontestablement, La Passerelle - comme d'autres, par exemple: Expression 7 - en fait partie. Or, j'apprends par l'association des Amis de La Passerelle que la DRAC vient d'annoncer au théâtre:
"une diminution de 12 000 euros ( sur un total de 40 000) de sa subvention à La Passerelle.
Cette réduction de près d'un tiers est évidemment énorme et un porte un coup sévère au Théâtre. Ce désengagement est expliqué par le fait que La Passerelle n'est plus conventionnée depuis deux ans  et que seuls les établissements conventionnés resteraient aidés. Cette décision prise sans que La Passerelle n'ait été en quoi que ce soit concertée fait suite à cette suspension de conventionnement elle-même d'ailleurs inexpliquée; Pour l'Etat c'est aux collectivités locales de compenser !"
Drôle de cadeau pour une prise de fonctions! Il faut dire que j'ai rarement rencontré les gens de la DRAC au Théâtre de La Passerelle! (Ils étaient certainement là d'autres soirs...). Une pétition est en cours pour tenter de faire revenir les représentants de l'Etat (le ministère d'Aurélie Filipetti) sur sa décision. Je ne peux que souhaiter qu'elle aboutisse... et j'espère que tous les candidats aux Municipales la signeront, de gauche comme de droite. Il en va de la survie d'un des lieux essentiels de la culture à Limoges.
Signez la pétition! 

Dernière nouvelle, suite à notre mobilisation:


Cher-e-s  a-m-i-e-s,

Nous vous avons sollicité -e-s pour exprimer votre soutien au Théâtre de La Passerelle. Beaucoup parmi vous ont déjà répondu à cet appel ( plus de 800 à cette heure) et d'autres s'apprêtaient à le faire de tous les coins de France.
Nous vous informons que notre mouvement est suspendu et qu'il est donc inutile de nous envoyer votre soutien.
Le Théâtre de La Passerelle nous a en effet informés que le Préfet de la Haute-Vienne et la Directrice des Affaires Culturelles ont demandé cette suspension et annoncé que Michel Bruzat serait reçu pour "rétablir la subvention".
Notre mouvement n'a jamais été autre que l'expression d'un soutien et la recherche responsable et positive de solutions.
C'est pourquoi nous suspendons immédiatement cette pétition ce jour vendredi 7 février 2014.

Eric Fabre
Président des Amis du Théâtre de La Passerelle




lundi 3 février 2014

Regarder à nouveau le monument aux Mobiles de la Haute-Vienne

En 1919, le 63ème R.I. défile devant le monument aux Mobiles
(c) Photothèque Paul Colmar
 
 
 
      Regardons-nous encore ce vieux et beau monument perdu près du cinéma Le Lido et comme déconnecté de la vie limougeaude actuelle? Sa signification est-elle claire pour les populations - en particulier tous ceux qui ont moins de... 50 ans? Ne devrait-il pas être, d'une manière ou d'une autre, rendu plus "lisible"?

        Le 18 juillet 1870 éclate la guerre franco-prussienne, dite « guerre de 1870 », qui oppose le Second Empire français au royaume de Prusse et ses alliés. Le conflit, qui dure du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, et dont les origines sont multiples, marque le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne d'unifier l'Allemagne. Il se termine par une défaite française qui entraîna la chute du Second Empire français et de Napoléon III ainsi que la perte du territoire français de l'« Alsace-Moselle » (appelée parfois Alsace-Lorraine).
Le Limousin et Limoges prennent part à la guerre : un bataillon entier de la garde mobile est constitué dans la ville sous la direction du capitaine Duval. Les engagements volontaires se multiplient, comme celui de M. Etienne, alors âgé de 67 ans ou de Louis Dutour, qui avait 17 ans. Le 23 septembre, les soldats du 71ème Mobiles partent au combat avec seulement 102 cartouches par homme pour tout le conflit, les autres accessoires de la vie des camps lui arrivant peu à peu, tout au long de la campagne. Lorsque le 10ème régiment de Dragons quitte Limoges par le train au petit matin, des habitants nombreux viennent l’encourager. On chante La Marseillaise, on crie : « Vive l’armée ! Vive Limoges ! Vive la France ! au revoir ! ».  
Dans un livre publié en 1897 pour rendre hommage aux soldats, le comte de Couronnel, ancien capitaine, a raconté en détail la tragique épopée. Il indique par exemple qu’aucune carte du département dans lequel le 71ème Mobiles devait opérer n’avait été mis à la disposition des combattants. Il précise que tout manque : les vivres, les ustensiles, les couvertures, les sacs à dos, les chaussures aux bonnes pointures, l’expérience des soldats qui font « partir leurs armes en voulant les charger. » Celles-ci sont d’ailleurs de piètre qualité, d’anciens modèles. Voulant se procurer du bois pour réchauffer la troupe, un homme fait une chute mortelle en tombant d’un arbre. Les bataillons stationnent sans abri plusieurs heures sous la pluie et dans la boue. Ils se couchent parfois sans rien manger. Les ordres reçus par les capitaines sont imprécis. Le 2 décembre, dans un froid glacial, après une nuit passée à faire brûler tout le bois disponible et à marcher pour se donner un peu de chaleur, le 71ème Mobiles est engagé dans la bataille de Loigny (il a été complété par un petit contingent arrivé la veille de Limoges). Pour parvenir au contact de l’ennemi, il faut progresser en ligne de bataille, à travers les champs et les chemins bordés de fossés ; certains s’égarent. Malgré l’enthousiasme initial des Limousins, l’artillerie adverse fait bientôt de gros dégâts, les canons français étant démontés, la plupart des chevaux sont tués ou blessés. « L’impression d’un combat d’artillerie est toujours profonde sur de jeunes troupes, autant à cause du vacarme que des blessures horribles qui en sont la conséquence », remarque le comte de Couronnel. « Nous restions sous une pluie d’obus telle que nos vieux troupiers disaient n’en avoir jamais vu de pareille. » Le lendemain, ce qui reste du bataillon se replie en direction d’Orléans, où des ordres contradictoires sont donnés ; malgré des combats sporadiques, l’armée est en pleine retraite. « La route qu’il nous fallut prendre (…) était encombrée de caissons et de cavaliers de toutes armes (…) Nous étions tous exténués. » Le bataillon est accroché par l’ennemi qui lui envoie une volée d’obus – des victimes tombent à nouveau. La neige se met à tomber, les hommes vont nu-pieds en raison de la mauvaise qualité de leurs chaussures, leurs vêtements en lambeaux, ils sont blessés, fatigués. Ils ont faim. Pourtant, il faut repartir vers Chambord d’où les soldats sont chassés par les Prussiens, puis se réfugier à la gare de Salbris, où passent sans interruption des voitures, des fuyards et des blessés. Le 11 décembre, un millier d’hommes environ restant du 71ème Mobiles est dirigé vers Limoges, le voyage en train durant deux jours et deux nuits. Le séjour au chef-lieu du département dure près de trois semaines pendant lesquelles arrivent les blessés transportables ainsi que des soldats ayant pris des chemins différents. Les nouveaux mobilisés sont quant à eux cantonnés au Champ de foire dans un froid toujours exceptionnel qui cause la mort de certains d’entre eux. Le 71ème Mobiles est installé dans une brasserie du faubourg Saint-Martial, puis dans la caserne des Vétérans et au manège de la cavalerie. Le 31 décembre, il est renvoyé vers le Mans où certains contractent la petite vérole. Il faut à nouveau progresser dans la neige, alterner marches et retraites, se contenter pour manger de graisse étalée sur des tranches de pain, jusqu’au 29 janvier où les hommes apprennent l’armistice à Laval avant de regagner enfin leurs foyers. Une ambulance avait suivi les combattants, sous la direction de M. Raymondand, alimentée en dons divers, concentrés à la préfecture, sous la présidence de Mme Vandenmarcq. L’ambulance fut prisonnière des Prussiens, ses fourgons pillés. Certains soldats furent prisonniers des Allemands, parmi eux quelques-uns parvenant à s’échapper, comme le commandant Champcommunal, blessé à la poitrine, qui revêtit un costume de prêtre pour l’occasion.
Camille Leymarie a souligné combien les Limougeauds avaient été solidaires des soldats, les soignant, leur envoyant même des bonnets tricotés ou des chaussettes : « Je pourrais citer les noms de quelques femmes mortes de la variole contactée en donnant des secours à de malheureux soldats frappés par la terrible maladie. » des centres de soins furent installés à Limoges, en particulier par la Loge maçonnique des Artistes Réunis : 44 lits rue Gaignolle, sous la direction du docteur Mandon, une infirmerie à la gare pour les premiers soins. Diverses souscriptions furent ouvertes durant la guerre au profit des soldats mobilisés, des prisonniers et de l’ambulance, une loterie dotée par les industriels et commerçants de la ville pour offrir des mitrailleuses, des dons furent faits pour acheter une épée d’honneur au maréchal de Mac-Mahon. Au total, ce sont environ 40 000 souscripteurs qui se manifestèrent à ces diverses occasions – les dons en nature étant très nombreux.
Parmi les morts du Limousin, on compte 79 Limougeauds. En 1892, un comité se constitue pour honorer les deux bataillons du 71ème Mobiles de la Haute-Vienne morts pour la défense de la patrie. Au mois d’avril, une souscription (laborieuse) est ouverte sous le patronage des autorités publiques, relayée par les instituteurs. En août 1899, c’est la mise en place des sculptures en bronze d’Adolphe Thabard, à l’angle de la place Jourdan et de l’avenue de la Gare, et le 1er octobre, l’inauguration en présence des ministres socialistes Alexandre Millerrand, ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et télégraphes et de Baudin, ministre des Travaux publics, invités par le maire radical-socialiste Emile Labussière, ce qui ne plut pas aux conservateurs. Une figure féminine rappelant Marianne personnifie la Haute-Vienne, avec ses sabots et sa coiffe (barbichet), entraînant les soldats au combat dans un mouvement très dynamique. A ses pieds, le blason de Limoges. On peut lire sur le piédestal : « A la mémoire des enfants de la Haute-Vienne morts pour la défense de la patrie en 1870-1871 ». Au lycée Gay-Lussac, une plaque de marbre noire où sont gravés en lettres d’or les noms des anciens élèves morts pour la France, encastrée dans un monument mettant en parallèle les études au lycée et la mort violente sur le champ de bataille, est réalisée par Gardien et Champrenet, d’après des dessins d’Alfred Charles, directeur de l’Ecole municipale de Limoges. L’ancien aumônier du lycée, l’abbé Rousier, qui connaissait les disparus, célèbre la messe d’inauguration dans la chapelle décorée pour la circonstance, en présence des anciens et actuels élèves et des familles des disparus. 

Mon collègue historien Pascal Plas a écrit avec juste raison : « cette monumentalité en sommeil de la guerre de 1870 mériterait pourtant d’être tirée de l’oubli et de servir de base ne serait-ce qu’à une « leçon de civisme » sur l’engagement, les Mobiles furent d’une certaine façon les derniers volontaires en arme dans la grande tradition des armées de la Révolution française. » (1870-1871, Les Limousins et la guerre, CRDP Limousin, 2003).


dimanche 2 février 2014

Peurs

A Limoges, comme ailleurs en France, de manière parfois justifiée, parfois totalement irrationnelle, des gens ont peur ou sont inquiets, pour des raisons très différentes les unes des autres.
Durant plusieurs mois, les médias régionaux et nationaux ont évoqué le sujet de la prostitution au Champ de Juillet et la délinquance qui y est liée dans le quartier, non sans rapports avec des réseaux mafieux. Selon le Ministère de l'Intérieur: "les surveillances mises en place par les enquêteurs révèlent l'existence d'un réseau mafieux facilitant l'installation dans la ville de Limoges de filles venues de Bulgarie, afin qu'elles se prostituent ensuite dans des bars associatifs fréquentés par les communautés turques et bulgares." (décembre 2013). Malgré les interventions policières, la prostitution continue, autour du Champ de Juillet, ainsi que près de la gare des Bénédictins et vers les escaliers conduisant aux Coutures. Se promener dans le jardin public, accéder aux jeux pour les enfants, est devenu plus compliqué qu'avant. Ces problèmes fortement médiatisés ont contribué à développer un sentiment d'insécurité chez certains.
Des faits divers ont également porté atteinte à la perception de Limoges comme ville tranquille et sûre: la médiatisation des aventures d'un adolescent "ultra violent" à de multiples reprises (la délinquance des mineurs demeure préoccupante dans le département), la recrudescence des cambriolages (+ 7,7% en un an en Haute-Vienne) et des hold-up (+ 14% en ville, en Haute-Vienne), l'augmentation de 20% des vols avec violence à Limoges, mais aussi des faits isolés comme, il y a peu, un jeune homme victime d'un violent car jacking, ou encore cet homme de 55 ans importuné par un groupe de jeunes du quartier de La Bastide tirant avec une arme de collection à travers la porte de son appartement. Pourtant, malgré ce tableau qui semble bien sombre, le département se classe au 76ème rang sur 96, ce qui est donc un bon score. Mais tout est affaire de perception (ainsi les Limougeauds sont-ils interloqués lorsque la poudre parle au Val de L'Aurence, et on peut les comprendre).

Dans certains quartiers de la ville, en difficultés sociales, malgré les rénovations faites ou en cours, certains demeurent en souffrance ou en refus et l'expriment/l'exprimeront de manière différente: repli communautariste, abstention ou vote pour les extrêmes.
Dans une question posée à l'Assemblée Nationale en juin 2013 au ministre délégué chargé de la ville, François Lamy, le député-maire Alain Rodet s'exprimait ainsi: "la ville de Limoges et ses partenaires ont engagé depuis cinq ans un important programme de rénovation urbaine dans trois zones sensibles de la commune, les quartiers de La Bastide, de Beaubreuil et du Val de l'Aurence, qui regroupent plus de 35 000 habitants et connaissent de grandes difficultés. Les rapports annuels 2011 et 2012 de l'observatoire national des zones urbaines sensibles ont souligné la grande précarité de la population concernée, dont le revenu fiscal moyen par unité de consommation a diminué entre 2002 et 2008, contrairement à ce qui s'est passé dans de nombreuses autres ZUS. En outre, la diminution en début d'année des crédits alloués par l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances a renforcé les craintes des associations, ainsi que des élus locaux, de voir se creuser encore les inégalités existantes." Quelques phrases rendant bien compte de la situation. En juillet 2013, au Sénat, Anne-Marie BAZZO, directrice académique des services de l'éducation nationale, déclarait, lors d'une table ronde: "Je suis arrivée dans le département de la Haute-Vienne à la fin de l'année 2011. Il s'agit d'un département extrêmement rural, mais qui présente également, notamment à Limoges, des caractéristiques de Zep semblables à celles que j'ai pu rencontrer en Seine-Saint-Denis." On le voit avec ces deux courtes citations, les choses ne sont pas simples, les difficultés existent, et les angoisses qu'elles suscitent chez ceux qui en sont les premières "victimes" ou ceux qui en sont les témoins (y compris les enseignants confrontés à des situations délicates) sont multiples et diverses.

D'une manière générale, l'inquiétude liée à la crise économique est présente aussi bien à Limoges que dans le reste de la France. Selon l'INSEE, en 2013, la barre des 10% de chômeurs a d'ailleurs été franchie en Haute-Vienne.

Autres phobies: celles qui se sont exprimées et s'expriment encore à l'occasion du vote de la loi autorisant le mariage homosexuel (au moins une centaine de Limousins manifestaient à Paris le dimanche 2 février à la "Manif pour tous"). Crispations, craintes à propos de la P.M.A. ou de la G.P.A., délires de certains à propos d'une rumeur d'enseignement de la théorie du genre: des inquiétudes se manifestent au plus profond des convictions de certains de nos concitoyens et s'ajoutent à d'autres. Le monde est violent, le monde est en pleine mutation, le monde influe sur nos vies, les médias le montrent et cela génère parfois la peur, l'impression de pertes des repères que l'on avait depuis toujours.

Tout cela crée un "climat" et proposer simplement l'installation de caméras de surveillance (comme l'a fait Daniel Boisserie à Saint-Yrieix-La-Perche ou comme le propose l'UMP à Limoges) ne suffira pas, même si cela peut certes avoir une utilité pratique immédiate pour la résolution de certains actes de délinquance. Il faut à la fois une action de fond, menée aussi bien par la ville que par ses partenaires institutionnels, dont l'Etat qui peut renforcer ses effectifs de police et de gendarmerie là où il y en a besoin, mais aussi d'enseignants, d'AVS, de personnels médicaux et sociaux, de COP, dans les établissements scolaires et une action de "réconfort" de la part des édiles - ce qui n'est pas la chose la plus simple. Tout ce qui existe déjà, tout ce qui pourra être amplifié, pour créer du lien et développer le bien être, est essentiel: jardins "ouvriers", culture, ateliers, maisons des jeunes, foyers divers, équipements sportifs (stades, piscines) à bas coût (voire gratuits pour certains), occasions de rencontres interethniques et intergénérationnelles, désenclavement constant par les transports en commun. On a sans doute encore plus besoin d'animateurs municipaux que de policiers municipaux - même s'il va de soi que les deux sont nécessaires. Et la police qu'il faut, c'est bien la police de proximité, qui avait été supprimée par Nicolas Sarkozy.

Mais l'une des solutions les plus évidentes est le redémarrage de la croissance, et donc de l'emploi, et donc de la protection sociale de tous. On attend beaucoup du gouvernement, mais les entreprises doivent aussi montrer qu'elles sont capables de faire les bons choix stratégiques, de développer leur activité sans tout attendre de l'Etat, capables de créer des emplois.C'est la sortie de la crise économique qui permettra vraiment d'atténuer les peurs et d'éviter la montée toujours dangereuse des extrêmes.