vendredi 26 décembre 2014

Des produits limousins dans Marianne

Le 19 décembre 2014, l'excellent hebdomadaire Marianne a consacré un beau dossier aux "produits qui font la France". Périco Légasse y écrit notamment que "ce bien commun a besoin qu'on le découvre, qu'on en parle, qu'on le partage, qu'on l'aime comme un objet familier ou sentimental. Peut-être symbolise-t-il une certaine idée d'un vieux pays, taillé dans un vieux continent, mais qui permet de résister aux formes nouvelles de la mondialisation consumériste croissante"... 
Les produits limousins sont donc à l'honneur, comme ceux des autres régions. Sont présentés: les accordéons Maugein, les Weston, le mobilier design en châtaignier d'Alain Dupasquier, les tricots de Cape & Crochet, la porcxelaine Bernardaud, les costumes Smuggler, les massepains de Saint-Léonard, le tablier Madame Choup, les soins Sothys et l'appareillage électrique Legrand.

lundi 22 décembre 2014

Un Noël pas comme les autres à Limoges?




En 1974, La Revue géographique et industrielle de France publia un magnifique volume illustré consacré au Département de la Haute-Vienne. Dans la rubrique "Avenir du commerce", M. Robin, président de l'Association des commerçants de Limoges, se déclarait résolument optimiste. C'était il y a ... 40 ans, et la crise n'en était qu'à ses débuts.
Pour illustrer le passage, une photographie de la rue du Clocher, l'une des artères commerciales préférées des Limougeauds, à l'entrée de laquelle était suspendu un grand médaillon s'éclairant le soir.



Les Limougeauds - si l'on en croit les témoignages directs ou les remarques postées sur les différents réseaux sociaux - semblent satisfaits de leur centre-ville en ces fêtes de Noël et de fin d'année. On a d'ailleurs noté un nombre accru de promeneurs dans les rues du centre-ville par ailleurs très bien mises en valeur par l'éclairage festif. 
La place de la République connaît sans nul doute un regain d'intérêt, avec ses pistes de luge, sa patinoire, diverses attractions et le marché de Noël - qui a lui a valu un coup de projecteur du journal télévisé de TF 1. De même y a-t-il le marché artisanal de la place de la Motte ou l'habituelle fête foraine au Champ de Juillet...
Des animations qui coïncident d'ailleurs avec cette excellente initiative de la Municipalité de proposer aux habitants un échantillon de pavés pour revêtir certaines rues à l'avenir - en pierre du limousin, souhaitons-le! 
 De ci, de là, on note également des déclarations où, à nouveau, certains Limougeauds se disent fiers de l'être et se réapproprient leur identité. Il conviendra d'observer s'il s'agit d'une évolution passagère ou plus durable...

A noter, à la cathédrale de Limoges, en plus de la crèche traditionnelle, un grand calendrier de l'Avent en tissu, naïf et coloré, très visité, oeuvre de l'artiste Maïté Roche (avec, malheureusement, une faute d'orthographe sur l'une des broderies).




La Fondation La Gabegie

Suite aux révélations du Populaire du Centre, Libération a annoncé le "dépôt de bilan en vue" à La Borie (vendredi 19 décembre 2014): information confirmée par le préfet de région, après le Conseil d'Administration de la Fondation. Selon le quotidien national, la dette contractée s'élève à 1,5 million d'euros, plus un déficit chronique de 100 000 euros par an. La Fondation recevant de très importantes subventions, il conviendra de se demander comment les subventionneurs n'ont rien vu de cette gabegie ayant viré au gâchis; il s'agit en effet d'argent public émanant des impôts payés par les citoyens. Comme l'écrit Libération, "les difficultés financières ont été révélées cet été par un audit de Bercy et une inspection du ministère de la Culture". 

dimanche 7 décembre 2014

Le lancement réussi de l'Histoire de Limoges au Café littéraire

Une partie de l'assistance

Vendredi 5 décembre 2014, au Café littéraire (hall de la Bfm de Limoges), le public se pressait nombreux (ci-dessus une vue partielle de la salle) pour assister au lancement de mon Histoire de Limoges parue chez Geste Editions. Nous répondions à l'invitation de Patrick Granger et de ce lieu qui tend à s'imposer comme endroit de culture, de musique et de débats. Le maire était en déplacement, ainsi que Philippe Pauliat-Defaye, adjoint à la culture, mais d'autres élus de la majorité étaient présents, ainsi qu'une conseillère municipale écologiste et que Gulsen Yldirim, conseillère générale socialiste. Monique Boulestin, ancienne députée de la Haute-Vienne, sénatrice suppléante, nous honorait également de sa présence, ainsi que de nombreuses personnalités de la culture et de la ville. Romain Naudin, directeur éditorial de Geste Editions, et moi-même, avons présenté l'ouvrage, qui a reçu un bel accueil critique et est un succès de librairie.

A droite: Patrick Mialon, écrivain et critique d'art

 Il ne s'agissait ni d'un simple cocktail, ni d'une conférence, mais Patrick Granger et moi avions invité différents intervenants, dont il est question dans la partie du livre consacrée à la culture au 20ème siècle à Limoges, ou qui ont collaboré d'une manière ou d'une autre à la réalisation du livre (comme Paul Colmar, collectionneur de photographies ou Laure Théaudin - ci-dessous -, du Pôle Limousin de la Bfm), à intervenir. Ce fut par exemple le cas de l'écrivain et critique d'art Patrick Mialon (ci-dessus), quitémoigna d'une certaine vision de l'art à Limoges dans les années 70 - époque de grande vitalité dans le sillage d'Haussman, dadaïste qui finit sa vie dans notre ville, de Claude Viallat et de beaucoup d'autres dont on se souviendra avec mon livre. Le témoignage de l'ancien galeriste Claude Bensadoun, de Jean-Pierre Comes, également fut très intéressant.

Romain Naudin, éditeur, Laurent Bourdelas, Laure Théaudin, pôle Limousin de la Bfm

Il est bien entendu question du théâtre à Limoges dans mon ouvrage, et Michel Bruzat (ci-dessous), a tenu à rendre hommage aux auteurs "vivants" en lisant un texte de la poète et écrivain Marie-Noëlle Agniau, également présente. L'écrivain et chanteur Jean Alambre s'est aussi souvenu (entre autres choses) du théâtre de L'échappée belle...
Le metteur en scène Michel Bruzat (La Passerelle)

Sont encore intervenus: Marc-Antoine Millon, de l'ensemble musical Hope, Jean-Pierre Levet, universitaire et président des Anciens de Gay-Lussac, fils de Jean Levet, historien de Limoges, qui sauva le quartier de la Boucherie d'une démolition annoncée et fut à l'origine de la Frairie des petits ventres et de Renaissance du Vieux Limoges - dont le président Michel Toulet était aussi dans la salle. De même que Béatrice Castaner, secrétaire générale des Francophonies et romancière et l'artiste Florent Contin-Roux ont bien voulu témoigner. 
On notait aussi dans la salle la présence de l'historien et politologue Vincent Brousse et de Michel Laguionie, historien de la franc-maçonnerie limousine.

Sans nul doute, l'intérêt de la soirée a été de montrer combien la culture avait tenu une place importante et dynamique dans l'histoire de Limoges, rayonnante depuis le Moyen Âge, et combien c'est encore le cas aujourd'hui.

dimanche 23 novembre 2014

Le Populaire du Centre met les pieds dans le plat de La Borie

Le jeudi 20 novembre 2014, Le Populaire du Centre a consacré deux pages très remarquées, justifiées et... explosives, à "La Borie, entre grandeur et décadence". Nous avions annoncé ici-même le départ de Christophe Coin, qui avait été à l'origine de la renommée internationale de l'Ensemble baroque de Limoges - renommée qui avait d'ailleurs permis l'acquisition et la mise en valeur du site de La Borie. Le départ de ce grand musicien a été une perte cruelle pour Limoges et sa région. A La Borie, il n'y a plus que du jazz (certes de qualité) et des jardins sonores à l'intérêt finalement limité.
Le quotidien régional livre une enquête très fouillée de Laurent Bonilla à laquelle je renvoie: il y est question d'un "déficit qui serait abyssal", de collectivités "piégées" qui "paieront", d'une Isabelle Depret-Bixio "mégalomane qui a été dépassée par les évènements", de jardins sonores très coûteux (2 449 000 euros de fonds publics et 924 000 privés) qui "n'ont jamais fonctionné correctement", de la fameuse collection de Jean-Marie Masse (Hot-Club de Limoges) qui n'irait finalement pas à La Borie. Sollicités par le journaliste, les subventionneurs publics (652 000 euros en 2014!), Ministère de la Culture, Conseil régional, Limoges Métropole (La Ville a supprimé sa subvention de 100 000 euros en 2013 lors de la disparition de l'EBL, ce qui semble logique) "ont tous refusé de s'exprimer sur le sujet". 
On imagine que l'article du Populaire suscite bien des émotions et des commentaires et certains, au sein même de la structure, se disent, en off, tristes et déçus de cette situation; inquiets aussi. Il est évident que La Borie va devoir s'expliquer, faire le point (on espère que ce ne sera pas devant la Justice) et qu'il faudra bien prendre des décisions à propos de l'avenir, les subventions publiques provenant des impôts des citoyens étant conséquentes. 
On rêve toujours de voir renaître un Ensemble baroque de Limoges, mais avec qui? L'âge d'or de Christophe Coin s'en est allé. Quel gâchis!

Lancement de l'Histoire de Limoges

Vendredi 5 décembre à 18h, aura lieu au Café littéraire (Hall de la Bfm de Limoges) une soirée autour de ce livre qui connait dores et déjà un beau succès en librairie.
L’aménagement d’Augustoritum par les Romains marque le début d’une histoire des plus riches. Dans cet ouvrage, Laurent Bourdelas, grâce aux recherches les plus récentes revient sur l’histoire de cette ville d’art et d’histoire. Limoges, capitale de la musique et de l’émail au Moyen Âge, puis, plus tard, ville de la porcelaine, des luttes sociales, de la résistance... est aujourd’hui incontestablement une ville où la création est une tradition bien ancrée. Une large partie de ce "beau-livre" est d'ailleurs consacrée aux différentes formes d'art aux 20ème et 21ème siècles, jusqu'aux plus contemporaines. L'auteur pose par exemple les jalons d'une histoire des arts plastiques de Raoul Haussman à Claude Viallat, de Roch Popelier à Pierre Jarraud, ou de Patrick Jude à Rémy Pénard.
Premier ouvrage préfacé par le nouveau maire, Emile-Roger Lombertie (mais aussi par l'écrivain Eric Faye) c'est aussi le premier à tenter une analyse de l'alternance municipale de 2014...
Le 5 décembre, divers intervenants prendront la parole, aux côtés de l'auteur (qui signera son livre), comme l'éditeur Romain Naudin, l'ancien galeriste Claude Bensadoun ou le critique d'art Patrick Mialon.  

(Entrée ouverte à tous, chacun payant sa consommation.)

samedi 22 novembre 2014

Le conseil municipal de Limoges baptise des rues et des monuments

J'ai la nostalgie de cette piscine de Beaublanc et du fameux 10 mètres d'où nous sautions avec l'estomac noué... Il y avait les gradins, les terrains de volley, le bar en terrasse...
La superbe Claude Mandonnaud a connu ces bassins... La voici photographiée - entre oiseau et animal marin. Elle fut championne d'Europe du 400 m nage libre en 1966 à Utrecht en 4'48", médaille de bronze sur 4 x 100 m nl aux Championnats d'Europe de 1974, 7 fois finaliste en 1966, 1970 et 1974 aux championnats d'Europe et aligna 50 titres et 9 médailles d'argent aux championnats de France. Il donc légitime qu'une rue porte son nom, ainsi que la grande salle du centre aquatique.


L'école élémentaire du Grand-Treuil portera quant à elle le nom d'Odette-Couty, jeune institutrice remplaçante qui résidait rue du Grand Treuil et fut victime de la barbarie nazie à l'âge de 23 ans, à Oradour-sur-Glane.

Je me permets de signaler à M. le Maire de Limoges que le jeudi 11 avril 2013, lors du colloque "Le Limousin et ses horizons dans l'oeuvre de Georges-Emmanuel Clancier", à l'issue de ma communication à propos de cet écrivain et du poète Joseph Rouffanche (publiée dans le Bulletin des Anciens de Gay-Lu 2014), j'ai émis le voeu que le nom de l'auteur du Pain noir soit donné à la Bfm de Limoges - il serait formidable que ce soit en présence de l'intéressé, qui va avoir 101 ans en 2015...

Par ailleurs, dans les années 1990, l'association Analogie, que je présidais, avait officiellement demandé à M. Alain Rodet, maire de Limoges, de baptiser une rue ou une allée "Rose Duquenne-Vinoy". En effet, celle-ci symbolisait à nos yeux l'un des aspects parfois méconnus de l'histoire de notre ville: femme, venue de Picardie au moment de l'Exode de 1940, avec sa fille de 6 mois, elle avait participé, avec son mari Marcel, caviste place des Bancs, à des actions de résistance (impression de faux papiers pour les Juifs et la Résistance, aide à des maquisards...). C'était ma grand-mère maternelle.

dimanche 16 novembre 2014

Où il est question de Limoges dans Libération

Le jeudi 30 octobre 2014, la photographie d'Emile-Roger Lombertie, nouveau maire de Limoges, était en "Une" de Libération, accompagnée par cette légende: "Passée à droite à 587 voix près, la ville historiquement ancrée à gauche, vit depuis mars au rythme de son nouveau maire UMP, tendance décomplexée." Jamais la presse nationale n'avait autant parlé de Limoges que depuis qu'elle a été conquise par la droite! Mais c'est très bien que Libé s'intéresse un peu à notre ville, ce qui est le cas depuis qu'elle permet à la plume de Julie Carnis de s'exercer... Pages 10 et 11 du quotidien, donc, un titre sans ambiguïté (mais choisi, nous dit la journaliste, par le quotidien): "Limoges terni par la droite dure" (j'aurais mis un e à "terni" même si les usages varient), évoquant en chapeau (texte également choisi par le journal) un "maire adepte de la politique spectacle et des arrêtés populistes." Nous avons déjà longuement analysé ici - ainsi que dans mon livre Histoire de Limoges - les raisons multiples de cette alternance; Julie Carnis y revient ici, en soulignant aussi les différences de comportement de l'ancien maire Alain Rodet "froid et austère" (ce qui reste à prouver...) et le nouveau, plus "affable". Quelques piques sur le nouvel édile: "Jacques Chirac avait les pommes, Roger Lombertie a choisi le chewing-gum." Des interrogations (avec l'historien Vincent Brousse) à propos de la ligne politique, avec un rappel sur le fait que le nouvel élu ait accepté de désigner à la présidence d'un sous-comité de la commission "éthique" chargée de la "surveillance des associations" à un conseiller municipal F.N. Julie Carnis appelle également à la rescousse l'avocat Jean-Eric Malabre, spécialiste du droit d'asile, à propos de la volonté du maire de "supprimer la possibilité pour les gens du voyage de contester un arrêté d'expulsion." Le juriste a beau jeu d'évoquer alors l'ex-URSS ou la Chine. Julie Carnis évoque encore les arrêtés anti-prostitution ou anti-mendicité - logiques concessions à l'électorat de droite. Il faut dire que la prostitution dans le quartier du Champ de Juillet et autour était devenue une véritable plaie pour les habitants du quartier et constituait un drôle de paysage pour ceux qui arrivaient en ville par le train! Sans parler des problèmes de stupéfiants, de délinquance diverse, de la condition faite aux femmes! Force est toutefois de constater que la prostitution continue, ailleurs... La journaliste évoque aussi le recrutement d'une dizaine de militants et sympathisants UMP par les services municipaux, ce qui change effectivement des recrutements de militants et sympathisants PS des 102 années précédentes... Elle évoque enfin la gauche "apathique" (elle pourrait dire aussi "divisée") - ce qui est un euphémisme. Dans les témoignages recueillis sur un marché de la ville, on retient cette phrase: "à droite ou à gauche, ce qui manque à cette ville, c'est une identité et un vrai leader." Surtout à gauche, pour l'instant! D'ailleurs, on s'étonne qu'aucun(e) élu(e) de l'opposition ne s'exprime dans cet article. Il est évident que la gauche - et en particulier le Parti Socialiste local - doit se remettre en cause, analyser sérieusement sa défaite, écouter, à nouveau proposer, et laisser émerger des talents, si elle veut un jour reconquérir la ville. C'est d'ailleurs en cela qu'une alternance est bonne.

samedi 1 novembre 2014

Le magnifique comédien limougeaud Jean Pellotier vient de disparaître

Dessin de Christophe Lagarde

Il y a tout juste un an, en novembre 2013, l'excellent Jean Pellotier me confiait ses souvenirs pour un ouvrage qui paraîtra prochainement. En voici un extrait.
 
 
« Ainsi que nombre de comédiens, c’est en partie pour vaincre ma timidité et aussi parce que j’ai éprouvé très vite une passion pour la poésie, que je commençai à m’entraîner dans la chambre vide d’un très vaste appartement – pièce comportant une alcôve pouvant figurer un plateau. C’est donc sous l’Occupation que j’affrontai le public en des spectacles donnés au bénéfice des prisonniers de guerre. Encouragé par mes camarades collégiens auprès desquels, me semblait-il, j’avais gagné quelque estime, je montai à Paris, venant de Fontenay-le-Comte en Vendée, avec une insouciance totale vis-à-vis de la concurrence, cramponné à mon ego ! C’était l’automne 1945.
            Je m’inscrivis au cours d’un certain Louis Blanche (le père de Francis), comédien au Théâtre de l’œuvre. Ces cours avaient lieu au Théâtre des Noctambules, à deux pas de la Sorbonne. Je n’y suis resté que quelques mois. Et ce furent des mois de petits boulots : spectacles de patronage, synchro, figuration… et théâtre de salon chez ma propriétaire, poétesse et hagiographe à la Bonne Presse… ambiance « Madame Verdurin ». Pour sortir de cette situation aléatoire, j’eus l’idée de me présenter à un concours de speaker en 1947, conjointement à une audition de comédiens à la Radio Diffusion Française. J’eus la joie d’être reçu, mon timbre de voix convenant au style très officiel propre à l’époque. Nommé à Tunis (1949-1955) puis à Toulouse (1955-56), je suis arrivé ensuite à Limoges, boulevard Victor Hugo, où j’ai exercé jusqu’à l’éclatement de l’Office – 26 ans de radio au cours desquels le métier de speaker s’effaçait sournoisement face à l’emprise grandissante des journalistes et animateurs plus ou moins déboutonnés… Dieu merci, les émissions dramatiques m’ont permis de tenir la tête au-dessus des ondes, sans parler des émissions littéraires et de plusieurs spectacles décentralisés ou de télévision régionale et nationale.
            Et ce fut le Conservatoire de Limoges, où je suis resté aussi 26 ans, succédant à Jean Dorsannes, mon successeur étant Michel Bruzat. Vinrent ensuite nombre de participations avec J.P. Laruy, le Grand Théâtre, le Festival de Bellac, Michel Bruzat, des films avec Patrick Jeudy, la télévision avec Serge Danot… Verba volent ! » (c) L. Bourdelas, 2014.

samedi 18 octobre 2014

Guillaume Guérin définit quelques priorités urbanistiques pour Limoges


On ne saurait trop recommander d'écouter Agora, l'excellente émission politique proposée par les historiens Vincent Brousse et Philippe Grandcoing sur RCF Email Limousin, en direct le mardi à 18h30, puis rediffusée le dimanche à 11h30 (99.6). Je ne dis pas cela parce qu'ils m'ont fait le plaisir de m'inviter pour évoquer mon Histoire de Limoges et évoquer l'alternance de 2014 (dont il est question dans ce livre paru chez Geste Editions), mais parce que le choix de leurs invités et leurs questions sont toujours judicieux pour éclairer l'évolution politique et citoyenne locale et régionale.
J'y ai donc entendu Guillaume Guérin, responsable UMP et 1er adjoint du nouveau maire de droite de Limoges, Emile Roger Lombertie, faire une analyse intéressante et somme toute assez juste de l'alternance et de la situation politique limougeaude.
Parmi les priorités qu'il a exprimées - en dehors de la sécurité -, il en est au moins deux que je partage pleinement, ce que savent parfaitement ceux qui lisent ce blog: la redynamisation du centre-ville (mais pourquoi donc avoir donné naissance à un centre commercial extérieur à la ville et portant un nom anglais?) et la mise en valeur des "joyaux" patrimoniaux de Limoges. Parmi mes priorités, maintes fois exprimées: l'entrée de ville - secteur des Casseaux (bords de Vienne - cathédrale - baptistère), place de la République (rappel de l'abbaye Saint-Martial), place du Présidial, secteur Jean Jaurès (pourquoi ne pas mettre cette artère en piéton/trolley?), travail sur la signalétique historico-touristique...
Et pourquoi pas, un jour, donner de la visibilité aux trésors archéologique enfouis, qu'ils soient gallo-romains ou médiévaux?
Car, s'il est indéniable que la ville doit essayer de développer son activité entrepreneuriale et commerciale, elle bénéficie d'un riche, intéressant et diversifié patrimoine (matériel et immatériel) qu'il convient de valoriser encore plus afin de bénéficier autant qu'il est possible de recettes liées au tourisme.

dimanche 12 octobre 2014

La fin du socialisme municipal à Limoges et en Haute-Vienne confirmée par les sénatoriales



« Limoges ville rouge » (en fait ville rose), la « Rome du socialisme », selon la militante socialiste Pauline Roland, c’est fini. Je ne reviendrai pas ici sur le séculaire ancrage à gauche de la ville et du département, bien étudié par des historiens comme Philippe Grandcoing, Vincent Brousse ou Dominique Danthieux. Les dernières élections municipales ont mis fin à plus de cent ans de « socialisme municipal » et il est intéressant de commencer à faire l’analyse de cette défaite que semble amplifier les résultats d’autres élections, y compris sénatoriales. En effet, bien que souvent absente des médias nationaux, Limoges est très emblématique des problèmes actuels de la gauche et du Parti Socialiste qui semble engagé  sur la voie de sa disparition – en tout cas tel qu’il est actuellement – d’autant plus s’il est confronté à une défaite aux présidentielles de 2017. Une hypothèse que n’a d’ailleurs pas écartée Jean-Christophe Cambadélis dans certaines interviews.

Les résultats des municipales à Limoges furent vécus par beaucoup comme une déflagration : la liste UMP-centre-droit d’Emile-Roger Lombertie arrivant en tête avec 45,07 % contre 43,81 % pour la gauche (587 voix d’écart) et 11,10 % pour le F.N. L’abstention demeurant élevée à 35,79 % (et comprenant sans doute nombre d’électeurs traditionnels du P.S.). Le quotidien local Le Populaire du Centre pouvait titrer à juste tire : « une défaite historique à gauche ». L’historien Vincent Brousse analysant ainsi le vote dans Libération : « L’hypercentre se droitise, tandis que le vote frontiste s’enracine dans les quartiers populaires. Parallèlement, le PS perd du terrain dans ses zones de confort : les quartiers résidentiels. »

Bien entendu, cette défaite des socialistes dans l’un de leurs plus anciens bastions a de multiples causes, à la fois ponctuelles et plus profondes. La situation nationale (le F.N., l’U.M.P. et le Front de Gauche donnant une dimension nationale à leur campagne, s’opposant à la fois au maire sortant et à la politique menée par François Hollande) ; le fait que le maire sortant se soit lancé – pour certains – dans un « mandat de trop », d’autant plus qu’il était âgé de près de 70 ans et cumulait sa fonction d’édile avec celle de député ; la division de la gauche, le P.C.F. – Front de Gauche présentant une liste au 1er tour, attaquant durement les socialistes, alors que des communistes avaient participé aux mandatures précédentes ; celui que la liste P.S., bien qu’accueillant des Verts et quelques personnalités nouvelles, ne soit guère renouvelée ; une forme de crispation du P.S. local, illustrée notamment par l’éviction avec fracas deux ans plus tôt de l’ancienne députée Monique Boulestin et de ses soutiens – crispation qui a d’ailleurs créé des problèmes aux socialistes dans d’autres villes de la Haute-Vienne ; le fait encore que certains « dossiers » aient nui aux relations avec la gauche du P.S. comme celui de la Ligne à Grande Vitesse Limoges-Paris ou d’un nouveau stade ; ou bien encore le dépérissement sensible du centre-ville déploré par certains ; la ghettoïsation parfois communautariste de certains quartiers pauvres et concentrant des populations immigrées. Le fait, enfin, et peut-être surtout, que l’ancrage traditionnel à gauche de la ville, longtemps considéré comme faisant partie de l’identité même de celle-ci, n’était plus une nécessité pour les nouvelles populations. Toujours est-il que, pour ces diverses raisons et d’autres, ce bastion de la gauche depuis plus d’un siècle a basculé à droite et qu’Emile-Roger Lombertie, psychiatre, est devenu le maire de Limoges et a commencé à appliquer des mesures de droite (mâtinées d’habiles clins d’œil comme le fait de baptiser un pont du nom de Georges Guingouin, le « libérateur » communiste de Limoges en 1944). Et le F.N. a demandé et obtenu la création d’une commission de « surveillance et d’analyse » (selon ses termes) des associations de la Ville (qu’il juge « très nombreuses »), ainsi que la présidence de celle-ci.

Les élections sénatoriales en Haute-Vienne ont, d’une certaine manière, confirmé cette évolution. Si les deux précédents sénateurs étaient socialistes (un psychodrame les a d’ailleurs opposés à la fin de leur mandat), un nouveau « coup de théâtre »  a eu lieu : en effet, si, fort logiquement dans ce type d’élection, Marie-Françoise Pérol-Dumont, la présidente socialiste du Conseil général a été élue (au 2ème tour), Laurent Lafaye, le jeune secrétaire fédéral du P.S., a été battu par un tandem inattendu : l’U.D.I. Jean-Marc Gabouty, radical, étant élu avec l’aide de sa suppléante Monique Boulestin, ex-P.S. évincée à l’occasion des dernières législatives, désormais radicale de gauche – une « union radicale » finalement pas si contre-productive ! Quant au F.N., il a une nouvelle fois très nettement progressé : le secrétaire de la fédération de la Haute-Vienne pouvait espérer 10 voix de grands électeurs, il en a comptabilisé 30 au premier tour et 24 au second. Le Front de Gauche a également obtenu un excellent score.

Comme partout ailleurs en France, il est évident que le Parti Socialiste haut-viennois doit faire son aggiornamento, s’il ne veut pas demeurer durablement dans l’opposition municipale ou perdre une partie de ses sièges de parlementaires dans les prochaines années. Sans doute devrait-il écouter ses militants et plus largement la population. Sans doute faudrait-il aussi qu’il se trouve de nouveaux leaders faisant entendre leur voix non seulement localement, mais aussi nationalement et même en Europe.

samedi 11 octobre 2014

L'Histoire de Limoges, déjà succès de librairie

D'Augustoritum à l'alternance politique de 2014,
avec une partie inédite à propos de la vie culturelle,
l'Histoire de Limoges de Laurent Bourdelas chez Geste Editions
est déjà un succès!

Ne passez pas à côté!

vendredi 25 juillet 2014

Les déclarations des parlementaires de la Haute-Vienne sont en ligne

Transparence de la vie publique


Déjà pratiquée dans un grand nombre de pays d’Europe, la publication des déclarations de patrimoine et d’intérêts des responsables publics a vocation à permettre aux citoyens de s’assurer par eux-mêmes de la mise en œuvre des garanties de probité et d’intégrité de leurs élus.


Publicité des déclarations


Les déclarations mises en ligne ont été numérisées à partir des documents remplis par les déclarants.

Elles ne comportent pas certaines informations (notamment les coordonnées personnelles, les numéros de comptes bancaires ou le nom des membres de la famille) qui relèvent de la vie privée des déclarants et de leurs proches.

Elles demeureront accessibles pendant toute la durée des fonctions et mandats des personnes concernées.

Un tableau synthétique précise, par catégories de responsables publics, les déclarations donnant lieu à publicité.

Contrôles de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique

La Haute Autorité contrôle les déclarations de patrimoine au regard des informations dont elle dispose, notamment grâce au concours de l’administration fiscale et après échanges avec les déclarants si nécessaire.

La Haute Autorité publie les déclarations d’intérêts (et d’activités) telles qu’elle les a reçues.

L’ensemble de ces déclarations demeurera, durant toute la durée des fonctions ou mandats des personnes concernées, sous le contrôle de la Haute Autorité, notamment si de nouveaux éléments étaient portés à sa connaissance. Des modifications et des actualisations sont donc susceptibles d’intervenir régulièrement.


Saisine de la Haute Autorité


Tout électeur peut adresser, par courrier recommandé avec accusé de réception, ses observations sur les déclarations de situation patrimoniale et les déclarations d’intérêts à la Haute Autorité.

Les associations de lutte contre la corruption qui ont été agréées par la Haute Autorité peuvent également la saisir.

dimanche 6 juillet 2014

Photos rares de la gare des Bénédictins de Limoges

Carte postale de l'ancienne gare des Bénédictins (1909)

Carte postale de Prosper Bastier, avenue de la gare à Limoges
avec les bâtiments et entrepôts de l'ancienne gare au fond à droite

Travaux de construction de la nouvelle gare
inaugurée en 1929 (c) J.M. Bourdelas



samedi 5 juillet 2014

En mai 1981, les chrétiens limousins interprètent un mystère



En mai 1981, à l’occasion des Ostensions, les chrétiens du Limousin renouent avec l’ancestrale tradition des mystères, « ils se sont faits tour à tour acteurs, récitants, musiciens, chanteurs, saltimbanques et danseurs » à la cathédrale de Limoges et à la collégiale de Saint-Yrieix-la-Perche, pour interpréter Un peuple limousin, texte du prêtre et poète Jean Debruyne (1925-2006), ancien cheminot cégétiste inspiré par Prévert. La vaste fresque historique raconte Limoges de l’époque gauloise au 20ème siècle : « ce n’est pas une encyclopédie limousine mais une poésie et ce langage se fait liturgie » écrivait l’auteur en introduction. L’un des chapitres est consacré à l’abbaye Saint-Martial et un hommage rendu à la musique et au théâtre médiévaux. Plus loin, Jean Debruyne affirme : « Si l’Eglise doit conquérir,/ C’est d’abord une place parmi les pauvres/Et le droit d’être parmi les derniers » et il salue les prêtres ouvriers. Et de conclure : « Ce peuple est un châtaignier libre/L’espoir est toujours son voisin/Mon Dieu voici tes Limousins/Fais qu’ils n’oublient jamais de vivre. » Le texte fut édité sous la coordination de Jean-Marie Mallet-Guy.

Un nouveau directeur à L'Union le 1er janvier 2015

Jean-Lambert Wild, photo de Tristan Jeanne-Valès

Parisien originaire de Tulle, en Corrèze, Pierre Pradinas succède à Silviu Purcarete de 2002 à 2014 – le ministre de la culture Frédéric Mitterrand l’ayant reconduit. Il a fondé la Compagnie du Chapeau Rouge à la fin des années 70 (avec Catherine Frot, Yann Collette, Thierry Gimenez, Alain Gautré), avant d’occuper des postes de formateur ou de directeur. Sa mission fut ainsi résumée par L’Express :  « Refaire le plein de public. Telle est la mission du nouveau directeur, qui devra concilier exigence et bonne humeur ». Son théâtre, sans doute plus populaire et divertissant que celui de son prédécesseur – ce qui ne l’empêche pas d’aborder de grandes questions ou même des sujets d’actualité – convient mieux, semble-t-il, au public limougeaud. Parmi ses créations remarquées : L’Enfer d’après Dante, Maldoror d’après Lautréamont (avec le formidable comédien David Ayala), ou bien encore Fantomas revient ! de Gabor Rassov. Pradinas s’est entouré d’une troupe d’amis, parmi lesquels Romane Bohringer, qui a joué à plusieurs reprises sur les planches de son théâtre, par exemple du Labiche, ou son frère Simon Pradinas, plasticien. Diverses rencontres, débats ou manifestations ont aussi été organisées à L’Union.

            En juillet 2014, Jean Lambert-Wild a été nommé pour succéder à Pierre Pradinas le 1er janvier 2015. Le communiqué du Ministère de la Culture indiquant : « Jean Lambert-Wild, metteur en scène, auteur, acteur, performer, scénographe dirige le Centre dramatique national de Caen depuis 2007. Il présente pour le Centre dramatique du Limousin un projet novateur et fédérateur, réunissant auprès de lui Marcel Bozonnet, Lucie Berelowitsch, David Gauchard et Nathalie Fillion en tant qu'« artistes-coopérateurs » aux esthétiques et aux parcours complémentaires. En témoigne la multiplication des propositions de collaborations sur des projets innovants et des ambitions à partager avec le Festival des Francophonies en Limousin, l'Opéra ou le Pôle National des Arts du Cirque de Nexon, mais également des collaborations inédites avec le Frac Limousin ou l'université. En outre, le CDN ouvrira un espace de débat sur les perspectives et identités de la langue française, ainsi qu'un endroit dédié à la critique théâtrale. Pour l'Académie, école supérieure professionnelle de Théâtre du Limousin, abritée au sein du C.D.N., Jean Lambert-Wild souhaite développer les coopérations pédagogiques en région et à l'international, proposer de nouvelles modalités d'insertion ainsi qu'un festival des écoles. Attaché au territoire et à son histoire, il développera les capacités de production du théâtre en coopération avec les réseaux régionaux, nationaux et internationaux, il favorisera l’accueil des spectacles en séries, le dialogue entre les générations et la construction de la parité. » Souhaitons qu'il soit abordable, qu'il fréquente les autres salles de Limoges et de la région et qu'il accepte de tisser des liens avec les auteurs, artistes, structures du Limousin...

mardi 1 juillet 2014

Marie-Noëlle Agniau propose le rattachement du Limousin à la Corse

Dans Vorace, le journal des voraces et des coriaces, l'écrivain écrit par exemple ceci:

"Y a des cochons en Limousin ? Eh, j'vous parle ! Y a des cochons ? Quelqu'un dans la salle peut me répondre ? Y a des cochons ? Parce que s'i a des cochons, faut que l'Limousin soit rattaché à la Corse, ok ? Ok la Corse. J'adore le fromage. Pas vrai ? Y a quelqu'un dans la salle qui veut pas ?
Région Corse-Limousin. Ça ferait super, non ? Corse-Limousin, y aurait un pont entre les deux. Un pont au-dessus de tout. Un pont flottant. Oui. Au-dessus de tout. Un pont reliant les deux cochons. Cochon cul noir et puis de l'autre, un autre cochon. Avec des poils partout. Un cochon sauvage. Oui. Sauvage et puis tout libre. Y aurait un pont. Un pont tout grand. Avec un beau nom d'architecte dessus. Un nom tout beau pour relier tous les cochons. Y aurait un pont. Ou bien un grand tunnel sous la terre. Sous la terre de Corse et limousine. Un pont très long pour que les cochons se joignent. Y a des cochons cul noir ? Ah oui, énormes et gros. Des gros cochons bien gras. Y a des châtaignes ? Des grosses châtaignes avec du lisse sous les écorces ? Ah oui les châtaignes ! Y a des châtaignes et des cochons ? J'adore les cochons. Et le fromage. J'adore et vous ? Région Corse-Limousin. Ça fait bien non?"

Si vous souhaitez lire la suite de son texte et découvrir ce nouveau journal, prenez contact avec larbreatrucs@orange.fr (abonnement un an: 10 euros).

mardi 3 juin 2014

Réforme territoriale: le Limousin est flou...




Sur le site Géoculture, photographie de Raoul Hausmann.
© ADAGP, Paris, 2010.
Négatif numérisé : © Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart
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Collections du Musée de Rochechouart.

© ADAGP, Paris, 2010.
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Mais où est le Limousin ? Et, question subsidiaire : savons-nous bien où nous (en) sommes ?
Dos au Massif Central (Le Guide du Routard nous a longuement accolés à l’Auvergne et, en 1997, le magazine VSD situait également Brive en Auvergne), nous lorgnons vers la côte atlantique, réserve médiévale de sel pour le commerce de nos moines, aujourd’hui lieu de villégiature océanique – on croise régulièrement des limougeauds sur l’Île d’Oléron, à Royan ou Saint-Palais-sur-Mer et les petits partent en colonie à Saint-Trojan. Certains pensent que le Limousin est au centre de la France, le confondant sans doute avec le Berry. Dans Parler croquant, Claude Duneton évoquait ce « pays sauvage que les Français ne savent pas toujours situer. On sait – quelque part vers le Centre ? Le Limousin ?... ». Situé dans le Grand Sud-ouest, il est pourtant plus proche de Toulouse que de Paris. Après tout, on surnomme bien Brive-la-Gaillarde « le riant portail du Midi », et les écrivains qui y descendent chaque année en train depuis Paris, à l’occasion de la Foire du Livre, ont bien le sentiment d’aller vers le Sud. Il n’y a qu’à s’asseoir à une terrasse de la ville, même au doux soleil d’automne, pour comprendre qu’ici, le climat est souvent clément. Mais il reste toujours, pour ceux de l’extérieur, cette sensation de flou. Ainsi Gilles Rossignol, qui possède une maison familiale en Creuse, a livré ce témoignage : « La question est rituelle quand j’indique le lieu de mes vacances : Tiens, vous allez en Creuse ? … Il y a en général un silence, puis (le scénario est immuable) quelqu’un se jette à l’eau : Mais… où est-ce au juste ? ». Dans le livre Charmes secrets de la France, paru en 1995, le Limousin ne rassemblait que la Creuse et la Haute-Vienne, la Corrèze étant rattachée au Périgord et au Quercy ! De toute manière, Denis Tillinac parle toujours de « paysages à géométrie variable ».
Est-ce l’histoire qui nourrit ce flou ? Le Limousin devint une marche frontière à l’époque carolingienne, avant de se diviser en vicomtés, puis de passer dans la mouvance française lorsqu’Aliénor d’Aquitaine épousa Louis VII. Lorsqu’elle se remaria avec Henri II Plantagenêt, la province rejoignit pour trois siècles le domaine anglo-angevin, avant de devenir un enjeu territorial entre Anglais et Français qui ne manquèrent pas de la ravager pendant la guerre de Cent ans. Abandonné en 1360 aux Anglais, le Limousin fut progressivement reconquis par Charles V (1370-1374). La Marche fut reprise par François Ier en 1531. Henri IV accrut le domaine royal de la vicomté de Limoges. Mais ce n’est qu’en 1790 que le Limousin fut divisé clairement en trois départements : Corrèze, Creuse et Haute-Vienne.
Et puis… comment y aller ? George Sand se plaignait déjà des chemins et des précipices et l’écrivain Marcelle Tinayre notait, en 1903, à propos de l’Ancien Régime : « les chemins dans la vicomté de Limoges étant tous obstrués de rocs, tout creusés de bourbiers profonds où s’enlisaient les carrosses, où les piétons se rompaient le cou. » Rien n’a changé dans l’imaginaire – notamment des parisiens. Le Limousin, on ne sait pas exactement où c’est et il est difficile d’y accéder. Il n’y a même pas de TGV en ligne directe Paris-Limoges (même ceux qui envisagent une Ligne à Grande Vitesse voudraient la faire passer par… Poitiers). Quand le train n’est pas supprimé au départ de Paris-Austerlitz, il faut bien compter trois heures vingt. Un temps même, le directeur de l’aéroport s’avéra être un escroc (condamné à un an de prison ferme) n’ayant pas les compétences nécessaires à l’exercice de son métier. Il n’y a plus guère que l’autoroute – appelée L’Occitane – pour rejoindre cet étrange pays.
Dans la nuit du 2 au 3 juin 2014, après avoir songé quelques heures auparavant à fusionner le Limousin avec l’Aquitaine (après tout, les ducs d’Aquitaine furent un temps couronnés à l’abbaye Saint-Martial de Limoges), le président de la République François Hollande – originaire de Rouen, en qui certains voyaient un corrézien puisqu’il avait été maire de Tulle, député de la 1ère circonscription de Corrèze puis président du Conseil général de la Corrèze –, a décidé, d’un trait de plume jacobin, de rattacher notre région au Poitou-Charentes et… au Centre ! Certes, on l’a écrit, les liens furent nombreux par le passé entre Limousin et Poitou et jusqu’au littoral atlantique ; mais entre Limoges ou Brive et Orléans ? De quoi opacifier à nouveau la géographie, l’identité, la perception du Limousin et justifier encore a posteriori la célèbre phrase de Martine Aubry à propos des idées de François Hollande pendant la campagne des primaires socialistes en 2012 : « Quand c’est flou, il y a un loup ».

Alors c’est sans doute parce qu’il est flou que le Limousin a tant inspiré les poètes et les écrivains, les artistes, au fil des siècles. Ce sont eux qui ont essayé d’écrire, de dire, ce qu’il était : pour Pierre Bergounioux, « un peu de bleu dans le paysage » ; pour Pierre Michon, le lieu des « vies minuscules » et pourtant essentielles ; pour Georges-Emmanuel Clancier, cet endroit où l’ « on est bien on est bête/C’est jour de sirop jour de fête » ; pour Joseph Rouffanche, celui où « les métaieries assises/touchent de près le ciel » ; pour Marcelle Delpastre, rien moins qu’une civilisation. Et l’on pourrait multiplier les exemples, ceux des peintres et des photographes, aussi, comme le dadaïste Raoul Hausmann qui finit sa vie à Limoges et réalisa ce cliché en 1950 à La Sablière, au Palais-sur-Vienne, où le paysage, les arbres et les baigneurs se superposent. Le flou, toujours. Jusqu’au livre Capture de la poète Marie-Noëlle Agniau qui cherche à créer un nouveau mot pour dire son attachement au Limousin et propose : enlimousiner. Le Limousin n’existe pas ? N’existe plus ? Alors enlimousinons-nous !

mardi 13 mai 2014

Rémy Viroulaud, nouvel adjoint au Maire de Limoges, propose de se souvenir du nom des Poilus

Adjoint au maire, Rémy Viroulaud (U.M.P.) a lancé l'idée, lors d'un conseil municipal, d'inscrire les noms des combattants natifs ou domiciliés à Limoges morts pour la France sur le monument aux morts de 14-18.
« Je suis très enthousiaste de me lancer dans ce projet, apprécie l'élu. Il me semble important de réparer une injustice flagrante. Mais soyons clairs. Il convient de ne pas politiser le sujet. Il s'agit d'un devoir de mémoire pour les victimes et leurs familles. » (Le Populaire du Centre). Une remarque qui mérite d'être entendue même si les attributions de l'adjoint sont l'abattoir (mais la 1ère guerre fut bien une "boucherie"...!), l'eau, la gestion des ressources, la protection civile et le contrôle de gestion; on attend donc l'avis de Philippe Pauliat-Defaye, chargé du patrimoine historique, ou du maire... et des autres élus. On pourrait aussi se demander s'il y a une vraie demande de la part des familles des soldats concernés et des Limougeauds d'une manière générale. En tout cas, cela nécessiterait un travail de recherche important.

Le monument lorsqu'il était encore square de la Poste
(c) Collection particulière


lundi 14 avril 2014

De "Lire à Limoges" aux Journées nationales du livre et du vin à Saumur...

En avant-première à "Lire à Limoges", Culture & Patrimoine en Limousin a organisé le lancement au Théâtre de La Passerelle du nouveau livre de Marie-Noëlle Agniau: Capture, dont elle a lu des extraits avec le comédien Hubert Lartigue. Je suis heureux d'avoir accompagné ces beaux textes avec mes photographies.

Ma chance, cette année, est d'être sur le stand littérature générale de la dynamique et sympathique librairie habituellement jeunesse Rev'en pages... "Lire à Limoges" reste égale à elle-même, avec son mélange de "people" plus ou moins à la mode (Michel Drucker) et de vrais écrivains. Son mélange de stands de libraires et d'associations dont certaines n'ont pas de vrais liens avec le livre. Avec certaines invitations et cadeaux pour les auteurs venant de l'extérieur (en fait, les Parisiens...) et pas pour les autres... Avec quelques rencontres plus ou moins intéressantes animées par des gens d'ailleurs... Sa remise de prix (dont j'avais jadis suggéré la création à Ellen Constans)... Son immense chapiteau non aéré qui a failli se transformer le samedi après-midi en cimetière surchauffé d'écrivains... Pour fréquenter et être (très bien) accueilli dans d'autres salons à travers la France, je me dis qu'il faudrait repenser tout cela. Je ferais avec plaisir nombre de propositions, pour ne pas faire un chapiteau mais, plutôt comme à Bordeaux, un "quartier livre" - sans doute sur la belle place de la cathédrale. La nouvelle équipe municipale réfléchit à coupler "Lire à Limoges" avec un festival déjà existant, ce n'est pas une si mauvaise idée. 

Sur le même stand que moi, hasard de l'organisation, mon amie de collège et lycée Agnès Clancier signe son dernier récit, paru chez Arléa. Elle pourrait être une jeune "marraine" de la manifestation... En effet, pourquoi ne pas changer chaque année... et alterner de manière paritaire...?

"Lire à Limoges" symbole de l'alternance politique historique: on croise dans les travées l'ancien maire, le député socialiste Alain Rodet, dernier représentant du "socialisme municipal" limougeaud en place pendant plus d'un siècle. Le changement habite beaucoup d'esprit: on parle à voix basse, on s'épie, on s'observe... Emile-Roger Lombertie (photo), le nouvel édile UMP, serre des mains, savoure les félicitations. De même que Philippe Pauliat-Defaye, nouvel adjoint à la culture, avocat, modéré, intelligent et cultivé, ou Vincent Léonie, centriste également, en charge de l'urbanisme - entre autres attributions. Je parle aussi avec Stéphane Destruhaut, ex-adjoint socialiste, ou bien encore Gulsen Yildirim, femme de qualité, battue, ou Monique Boulestin, redevenue semble-t-il persona grata en cette manifestation qu'elle contribua à développer...
Une amertume toutefois: trois élus du F.N. siègent au conseil municipal.

Cette année - contrairement à l'année dernière - je suis invité au dîner des auteurs, ce qui est bien la moindre des choses. Mais la mesquinerie reste de mise puisque l'écrivain Marie-Noëlle Agniau qui souhaite m'y accompagner n'y est pas conviée, malgré sa demande, car elle est sur le stand de Culture & Patrimoine (!!!). Alors nous allons voir ailleurs si nous y sommes et je reçois par la poste le magnifique livre d'artiste réalisé par les Ruiz à partir de mon texte La Rivière inversée: une petite merveille en tirage limité. La mesquinerie n'appartient pas à leur monde, cela réconforte...

Comme on dispose toutefois, à "Lire à Limoges" de tickets-repas, comme dans les autres salons du livre, on fait une halte salutaire aux Petits Ventres, rue de la Boucherie, où la délicieuse cuisine traditionnelle s'accompagne d'un chaleureux accueil.

De l'autre côté du miroir... Ayant l'habitude d'autres manifestations littéraires en France, j'ai toujours plaisir à revenir signer à Limoges car j'y retrouve des têtes connues depuis parfois fort longtemps, avec qui j'ai plaisir à m'entretenir. Par exemple, cette année: Roch Popelier.
Marie-Noëlle Agniau signe Capture à Pierre Julien, des Ardents Editeurs...
Escorté par Madeleine Chapsal, Philippe Pauliat-Defaye fait un discours consensuel (il évoque le travail de... Monique Boulestin, finalement, est-ce si consensuel?), plein de conviction et intelligent.Une coupe de Champagne à la main, on devise avec les historiens Vincent Brousse et Philippe Grandcoing, fins connaisseurs de la vie politique locale, et avec Vincent Léonie, qui nous fait part de projets intéressants. A suivre donc...

Chaque année, à Saumur, ont lieu les merveilleuses Journées nationales du livre et du vin, au coeur de la cave Bouvet-Ladubay - elles associent écrivains et vignerons dans une ambiance conviviale. Il y a deux ans, le jury présidé par Irène Frein m'avait remis le Prix Jean Carmet pour L'ivresse des rimes (Stock). Un prix d'ailleurs richement doté, pour ma plus grande joie. Me voici à nouveau invité pour cette édition d'avril, très ensoleillée, avec un public nombreux au rendez-vous.
L'accueil est très chaleureux, avec par exemple cette belle fanfare estudiantine... Je discute avec Yann Quéfellec de son beau Dictionnaire amoureux de la Bretagne paru chez Plon - nous avons bien des goûts en partage, dont celui de la musique d'Alan Stivell...
Marie-Noëlle Agniau signe son livre Capture (mais, contrairement à Limoges, elle est invitée aux repas des auteurs, ce qui est bien la moindre des choses!).
Voilà un "bon point" que je suis heureux d'avoir gagné! Une fois le verre récupéré, on peut y boire bien des breuvages agréables!
Après tout, c'est le sujet de mon livre... les poètes et le vin!
L'un des moments les plus envoûtants est sans conteste celui où l'on avance au sein de la cave, à la lumière des chandelles, jusqu'à la grande "cathédrale" sous terre, où l'excellent repas est servi. Instant magique, lieu mystérieux.
Venir ici à la rencontre du public nombreux, des amis écrivains et vignerons, est un vrai bonheur et je remercie les organisateurs de m'y avoir associé.

mercredi 9 avril 2014

Qui remarque la statue de Jeanne d’Arc, place Fournier à Limoges?



Maxime Real Del Sarte, né en 1888, sculpteur, est le fondateur des « camelots du Roi » de L’Action Française. Il se fait remarquer dès le début du XXème siècle par divers coups d’éclat, se présentant à l’audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation en 1908 et, apostrophant les magistrats, les accusant de « forfaiture » à propos du dernier pourvoi de l'affaire Dreyfus ; participant au concert de sifflets qui ne cessèrent d'accompagner le cortège officiel de la panthéonisation de Zola ou participant à une tentative d’invasion du Sénat aux cris de « A mort la République ! ». Catholique fervent, c’est un admirateur de Jeanne d’Arc qui  s’en prend, avec d’autres, à Amédée Thalamas – professeur d’histoire à La Sorbonne dispensant un cours à propos de l’héroïne qui ne plait pas à L’Action Française –, lui administrant même une fessée, ce qui lui vaut dix mois d’emprisonnement. Blessé aux Éparges, sur le front de Verdun, le

lundi 31 mars 2014

La victoire historique de la droite à Limoges

Centre-ville de Limoges et lignes de trolleys
 
Les élections municipales de 2014 ont été sources de surprises à Limoges – à commencer par celle de l’alternance à droite. En effet, le député-maire Alain Rodet, en place depuis 1990, a décidé de se représenter à la tête d’une liste accueillant socialistes, « personnalités », écologistes et radicaux de gauche, somme toute assez peu renouvelée. Rompant avec l’union de la gauche dès le 1er tour, le Front de Gauche – Parti Communiste Français a décidé de présenter une liste autonome, avec Gilbert Bernard, attaquant durement la politique du maire sortant alors que les communistes avaient participé à la mandature précédente (certains restèrent d’ailleurs sur la liste d’Alain Rodet). Autre surprise à droite : les centristes du MODEM et de l’UDI, conduits par Pierre Coinaud, se présentèrent sur une liste indépendante de celle de l’UMP, amenée quant à elle par Roger-Emile Lombertie et notamment le jeune Guillaume Guérin, président départemental du parti. Deux autres listes extrémistes se présentaient également : celle de Lutte Ouvrière (Elisabeth Faucon) et celle du Front National, dont le leader Vincent Gérard avait été condamné peu de temps auparavant à quatre mois de prison avec sursis pour violences avec arme. Si beaucoup pensaient qu’Alain Rodet devrait affronter un deuxième tour, peu imaginaient le faible score qu’il allait obtenir au premier : à peine plus de 30% (pour une abstention de 39,5 %). L’UMP obtenant la seconde place (23,80%), et le Front National frôlant les 17% - autre résultat historique. Derrière, centristes et Front de Gauche n’avaient pas à rougir. Tandis que le parti d’extrême-droite se maintenait au deuxième tour, le Front de Gauche fusionna du bout des lèvres avec la liste d’Alain Rodet, chacun comprenant son manque de motivation (le meeting initialement prévu n’ayant pas lieu), alors que la liste centre-droit fusionnait avec celle de l’UMP. Les résultats furent vécus par beaucoup comme une déflagration : la liste UMP-centre-droit d’Emile-Roger Lombertie arrivant en tête avec 45,07 % contre 43,81 % pour la gauche (587 voix d’écart) et 11,10 % pour le F.N dont certains électeurs ont manifestement fait le choix de la droite républicaine. L’abstention demeurant élevée à 35,79 %. Le quotidien local Le Populaire du Centre pouvait titrer à juste tire : « une défaite historique à gauche ». L’historien Vincent Brousse analysant ainsi le vote dans Libération : « L’hypercentre se droitise, tandis que le vote frontiste s’enracine dans les quartiers populaires. Parallèlement, le PS perd du terrain dans ses zones de confort : les quartiers résidentiels. » Malgré un bilan somme toute assez satisfaisant, d’autres raisons plus politiques ont sans doute joué dans la défaite de la gauche, en dehors de la situation nationale (même si le F.N., l’U.M.P. et le Front de Gauche ont donné une dimension nationale à leur campagne, s’opposant à la fois au maire sortant et à la politique menée par le président François Hollande) : le fait que le maire sortant se soit lancé – pour certains – dans un « mandat de trop », d’autant plus qu’il était âgé de près de 70 ans et cumulait sa fonction d’édile avec celle de député ; celui que sa liste, bien qu’accueillant des Verts et quelques personnalités nouvelles, ne soit guère renouvelée ; une forme de crispation du P.S. local, illustrée notamment par l’éviction avec fracas deux ans plus tôt de l’ancienne députée Monique Boulestin et de ses soutiens – crispation qui a d’ailleurs créé des problèmes aux socialistes dans d’autres villes de la Haute-Vienne (la création post municipales d'un compte twitter attaquant l'ancienne députée augure mal d'une remise en question pourtant salutaire) ; le fait encore que certains « dossiers » aient nui aux relations avec la gauche du P.S. comme celui de la Ligne à Grande Vitesse Limoges-Paris ou du nouveau stade ; ou bien encore le dépérissement sensible du centre-ville déploré par certains ; le fait, enfin, que l’ancrage traditionnel à gauche de la ville, longtemps considéré comme faisant partie de l’identité même de celle-ci, n’était plus une nécessité pour les nouvelles populations. D'autres enfin parlent d'un triumvirat d'élus du département qui auraient contribué à la défaite... un(e) ancien(ne) adjoint(e) sortant parlant d'un P.S. local comme "un champ de ruines". Toujours est-il que, pour ces diverses raisons et d’autres, ce bastion de la gauche depuis plus d’un siècle a basculé à droite et qu’Emile-Roger Lombertie, psychiatre, est devenu le maire de Limoges en cette année 2014. 
Alain Rodet et Emile-Roger Lombertie inaugureront ce week-end ensemble "Lire à Limoges" et cela fera un an que ce blog - finalement très suivi - aura été créé. J'en reparlerai le moment venu.

lundi 24 mars 2014

A Limoges, un 1er tour surprenant... mais pas tant que cela...

Ceux qui lisent régulièrement cette publication en ligne savent que j'avais pronostiqué de manière argumentée la percée du Front National à Limoges, celle-ci ne m'a donc pas surpris. 16,95%, c'est un score important mais il faut sans doute se féliciter que ce soit la droite républicaine menée par Emile-Roger Lombertie qui arrive en deuxième position avec 23,79% qui réussit incontestablement son entrée en politique en faisant mieux que Camille Geutier en 2008. Nul doute que le centre-droit conduit par Pierre Coinaud, dont la liste accueillait des personnes de qualité - et qui avait eu le courage de faire cavalier seul au premier tour - va rejoindre l'UMP. Il totalise 12,31 %, ce qui est également un bon score. La droite "classique" cumule donc 36,10%. A Limoges, la majorité des électeurs qui se sont exprimés - 53,05%! - ont donc voté à droite ou à l'extrême-droite: une première historique. 
La vraie surprise - même si un deuxième tour était envisagé - est celle du score obtenu par la liste regroupant des socialistes, verts, radicaux et communistes conduite par Alain Rodet: 30,11% - résultat à mettre bien entendu en relation avec le taux particulièrement élevé de l'abstention: environ 40%, qui laisse penser qu'un certain nombre d'électeurs "traditionnels" et potentiels de cette liste ne se sont pas déplacés (de même que certains militants, à ce que l'on sait), pour diverses raisons parfois complémentaires - on a entendu: un "mandat de trop" pour la tête de liste, une liste pas assez renouvelée, les suites de "l'affaire Boulestin" (ravivée par un récent article de L'Express), le cumul des mandats, la question de la L.G.V., la déception par rapport à la politique menée par François Hollande, etc. Tout cela avait d'ailleurs sans doute conduit le Front de Gauche à oeuvrer pour rompre la vieille union de la gauche limougeaude pour partir seul; si celui-ci n'arrive qu'en quatrième position, avec 14,15%, il réalise incontestablement un beau résultat, devenant presque "faiseur de roi"... à gauche. A l'heure où j'écris ces lignes, les négociations que l'on imagine âpres battent leur plein. Le total des voix du P.S./F.d.G est de 44,26%. Il n'est pas certain que l'on puisse y adjoindre les 2,8% de Lutte Ouvrière - dont Elisabeth Faucon se félicite de la progression des voix.
La clef de cette captivante et historique élection réside en grande partie chez les abstentionnistes et dans la capacité qu'auront les candidats, en particulier de gauche, à les convaincre - ce qui n'est pas gagné. On peut certes penser que certains abstentionnistes ont voulu envoyer un "signal" au député-maire sortant et voteront au second tour pour une liste qui serait confortée sur sa gauche par le Front de Gauche, mais on ne sait jamais (comme on vient de le voir).
Le Populaire du Centre a publié le résultat par bureaux de vote. Emile-Roger Lombertie est arrivé en tête dans les secteurs suivants: Montmailler; Limosin Emailleurs, Limosin Hôtel de Ville, Feuillants, Gay-Lussac, Hôtel de Ville Sud, Roger Franck, Montjovis soit 9 quartiers sur 38. Et Alain Rodet gagne dans les secteurs suivants: Portes Ferrées, Joliot Curie, Madoumier, Aigueperse, Jean Le Bail, Léon Blum, Jean Macé, La Bastide, Le Vigenal, Ronsard, Beaubreuil (tous quartiers soit  4), Dautry, La Monnaie, Bénédictins. Soit 17 quartiers sur 38.
On regardera également avec attention les cartes ci-dessous:

En rose les bureaux où Rodet arrive en tête, et fait plus que Lombertie et Coinaud. Bleu foncé : où Lombertie arrive en tête. Bleu clair, où Lombertie plus Coinaud supérieur à Rodet.
 (c) Th.Moreau, V. Brousse (que je remercie)

(c) Th. Moreau, V. Brousse Ph. Grandcoing et France 3 Limousin