mercredi 26 juin 2013

Les subtiles Géologies de Pierre Bergounioux (Editions Galilée, 2013)



En quarante-sept pages denses, en un récit au style impeccable, parfois émouvant, où affleure l’humour, Pierre Bergounioux évoque une quête de l’identité régionale – et même locale – passant par l’étude du grès primaire qui accompagna sa lignée et son enfance de sa teinte et de sa texture particulières. Une nouvelle façon de parler de la province, de la périphérie rurale, une autre manière aussi de parler de Brive et de ses abords, et de lui-même, qui se destinait à l’enseignement primaire avant d’être orienté vers les bancs et l’internat du Lycée Gay-Lussac (avec des camarades délurés) à Limoges puis vers l’Ecole Normale Supérieure, échappant à ce que certains appelaient « l’étroitesse bornée de la vie rurale ». Sans doute cet élégant ouvrage trouve-t-il son origine dans une déception éprouvée à l’occasion d’un cours de géologie de quatrième, où il ne fut pas question de « la roche bise, friable » que les élèves avaient sous leurs pieds, ni de cette « passée claire qui jurait avec le sombre des galets » que l’écrivain avait remarqué non loin du pont Cardinal dans la Corrèze et qui constituait pour lui comme une énigme.
            Sur la planche 22 du Nouvel atlas classique de M. Fallex (professeur agrégé d’histoire et de géographie au Lycée Louis-le-Grand) et d’A. Gibert (professeur de géographie à la Faculté des Lettres de Lyon), paru chez Delagrave en 1955, que je conserve dans mon bureau, le Massif Central explose de couleurs vives à dominantes mauves (roches volcaniques récentes), roses (gneiss et micaschiste où sont Tulle et Limoges) et rouges (granite et porphyre). Brive se distingue dans son étroite bande orange (« terrains primaires ») à la lisière du Jurassique. Pierre Bergounioux attribue à ce paysage minéralogique (qu’il situe très précisément) la faculté de donner à ceux qui la fréquentent « certain penchant incoercible à la mélancolie ». Démarche pertinente et totalement contraire à la méfiance que l’on m’a enseignée en géographie à propos des propos de Carl Ritter, qui s’intéressa aux sociétés et à leur évolution à travers leurs liens avec leur milieu et parla même de « l’influence fatale de la nature » qui, certes, n’explique pas tout, mais peut avoir une influence considérable. Celle du grès environnant Bergounioux en faisait comme « l’otage du soir d’octobre ou de novembre qui avait pesé sur les morts, de leur vivant » ; un cliché en noir et blanc – des anciens que l’on retrouve dans une vieille boîte en fer blanc ou en bois ; un film d’avant la couleur. Une « anomalie gréseuse [… qui …] déteignait sur l’humeur. Elle lui communiquait, malgré qu’on en ait, un goût fané, comme éteint, un peu funèbre, rendait triste quand on n’avait aucun motif précis, positif de l’être. » Une mauvaise terre également, sur le plan économique, pour ceux qui tentent de la mettre en valeur – le prolétariat agricole limousin dont Georges-Emmanuel Clancier a si bien dit la souffrance dans Le pain noir.
Bergounioux a donc entrepris, depuis sa jeunesse (déjà sur la banquette arrière de la voiture paternelle), cette quête qui n’a rien à envier à la geste arthurienne – notamment lorsqu’il a le bonheur de découvrir « une hache polie, intacte, de serpentine verte, qui pointait d’un centimètre ou deux hors de l’argile retournée, sous des noyers. » Mais cette recherche, qui passe par des promenades géologiques marteau et burin à la main dans les parages paternels à l’occasion des vacances, est faite, comme toutes les quêtes, d’occasions manquées : un étudiant géologue dilettante avec qui Bergounioux s’engage politiquement mais à qui il oublie de demander les précisions qui auraient pu l’éclairer ; les frères Boyssonie – Jean et Amédée – ecclésiastiques de leur état, inventeurs du premier Néandertalien français à La Chapelle-aux-Saints (ce qui donne lieu à une réflexion drôlatique à propos du dénigrement du premier des… Limousins), aux cours desquels le jeune Pierre n’assiste pas puisqu’il est à la « laïque » ; un inspecteur des contributions directes halluciné et obnubilé par le cardinal Dubois (qui laissa presque son nom au pont briviste et de beaux souvenirs sous les traits de Jean Rochefort dans Que la fête commence). Le révélateur du Graal est un instituteur (comme voulait l’être l’auteur), Yvon C., qui identifie les cailloux pieusement recueillis par Bergounioux et surtout lui remet un ouvrage semble-t-il captivant de Georges Mouret, ingénieur, affecté en Corrèze au service hydraulique, au service de navigation, au service vicinal, enfin au service de la construction et de l'exploitation des chemins de fer en Corrèze et Dordogne, qui participa à la levée de la carte géologique détaillée et entra à la Société géologique de France dont il devient vice président en 1888. Ce fut aussi (surtout ?) le fondateur de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze et de la Société Archéologique et Historique de la Corrèze en 1878. Le livre donné à Pierre fut-il Études des gîtes minéraux de la France. Bassin houiller et permien de Brive. Fascicule I. Stratigraphie, publié en 1891 ? Ceux qui lisent les Carnets de notes de l’écrivain connaissent son goût pour ce type d’ouvrages… En tout cas, par-delà les années écoulées, il confirma, en quelque sorte, les intuitions poético-géologiques de Pierre Bergounioux, qui se résument en une phrase éclairante : « On est au monde et le monde en nous. Il n’existe pas de son côté ou pas du tout tandis que nous serions prisonniers d’un songe. »

***

            J’aurais bien envie – oui, je le ferai –, après avoir lu ces quasi cinquante pages, d’entreprendre aussi ma réflexion granitique de Limougeaud du gneiss et du micaschiste environné de granite et de porphyre (exactement comme les Bretons qui me semblent si proches). Il y serait question – sans doute – d’obstination et de vocation monastique. De souvenirs et de vieux manuels, inévitablement. De cartes et de promenades aux côtés d’un père amateur d’églises romanes et de châteaux-forts qui sut me transmettre ses passions. D’évasion, enfin, du déterminisme minéralogique car, ce que montre aussi le « s » à la fin du titre Généalogies de Pierre Bergounioux, c’est que l’influence de la pierre se nuance de bien des subjectivités. Et que, si la subtile démonstration de l’écrivain peut convaincre, on peut penser que cette mélancolie profonde (l’acedia médiévale ou le spleen baudelairien ?), ne vient pas du grès friable de Brive, mais bien de l’écrivain lui-même, désirant partir mais, parti, désirant toujours revenir.

vendredi 21 juin 2013

Une surprise d'extrême-droite est-elle possible à Limoges en 2014?



           
            Début juin 2013, un sondage estimait à 18% les voix que pourrait obtenir le Front National aux élections municipales en France, ce qui semble confirmé par les résultats obtenus aux élections partielles – par exemple à Villeneuve-sur-Lot où le scandaleux comportement de Jérôme Cahuzac a inévitablement contribué à nourrir la défaite du parti Socialiste et son élimination. Ne voir dans ce résultat que la conséquence de la désunion à gauche est une erreur politique et un déni de ses éventuelles responsabilités par le parti d’Harlem Désir (qui avait pourtant apporté son aide au candidat Bernard Barral). Le Front National a mis en place une stratégie évidente de conquête municipale, qui passe par une véritable offensive (et selon les endroits des alliances avec la droite dite républicaine. La campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en particulier à l’occasion du deuxième tour, ayant largement contribué à brouiller les différences idéologiques). Doit-on craindre une progression spectaculaire de l’extrême-droite à l’occasion des municipales à Limoges, favorisées par un contexte politique local très spécial, mais également une progression des idées du F.N. dans la capitale régionale, pour diverses raisons qu’il convient d’analyser ?

            A l’occasion des élections législatives de 2007, le Front National avait réalisé le maigre score de 2,74% en Haute-Vienne (et le MNR 0,27%) ; en 2012, le même parti a obtenu 12,17%. La candidate Nicole Serre recueillant 12,94% des suffrages dans la 1ère circonscription (5% de moins que la candidate UMP ayant fait une campagne très médiocre) dont l’élu est Alain Rodet, Yannick Vidaud 11,70% dans la 2ème dont l’élu est Daniel Boisserie et Catherine Laporte 11,95%, derrière la socialiste Catherine Beaubatie (élue), mais également derrière l’UMP et Monique Boulestin, candidate du PRG.
Le 20 septembre 2012, Libération annonçait la condamnation à quatre mois de prison avec sursis de Vincent Gérard, secrétaire départemental du F.N., candidat du FN aux élections régionales en 2010 et cantonales en 2011, patron d'une entreprise d'électricité de bâtiment, à Châteauponsac, et son coaccusé Dimitri Brunaud, membre du service d’ordre du parti, à quatre mois de prison avec sursis pour «violences avec ou sous la menace d’une arme», lors d’une soirée en avril dans un bar de la ville. Les deux hommes, précise le quotidien, s'étaient rendus dans un bar très fréquenté du centre-ville [le Duc Etienne] avec deux autres militants frontistes parce que «c'était un repère de "redskins" et de gens d’extrême gauche», selon un extrait d’audition lu à l’audience le 19 juillet. A la suite de cette incursion, une première rixe avait éclaté, interrompue par une intervention de policiers. Mais, un peu plus tard dans la soirée, ils étaient revenus à deux et avaient notamment porté des coups au patron du bar, selon Libération. En avril, la présidente du F.N., Marine Le Pen, avait déclaré qu’en cas de condamnation, Gérard serait démis de ses fonctions au sein du parti mais, un mois après, à l’occasion de sa venue en Haute-Vienne devant 200 militants, son père a confirmé le secrétaire fédéral dans ses fonctions. A l’occasion des cantonales, ce dernier avait déclaré au Nouvelliste : « C'est une région assez dure pour le Front national. Mais tout change. La ligne politique de Marine Le Pen trouve un certain écho dans les milieux populaires. 90 % d'entre nous sont des gens "du peuple": des agriculteurs, des ouvriers, etc. Et beaucoup de ces gens avaient avant une carte du PC! On avait vu ce phénomène dans le Nord, une région que je connais bien. Pendant la campagne, l'accueil dans les marchés est de plus en plus amical, ça se passe très bien. » A l’occasion des présidentielles, le F.N. a réussi à convaincre cinq maires du Limousin de parrainer Marine Le Pen, parmi lesquels deux hauts-viennois.
Aux élections régionales de 2010, c’est Nicole Daccord-Gauthier (née en 1954, auxiliaire de vie) qui avait conduit la liste F.N. aux élections régionales (avec Françoise Moreau en Corrèze et Claude Picand en Creuse). Lucas Destrem en avait analysé les propositions sur son blog ; parmi celles-ci, il relevait : la volonté de préférence locale et nationale pour les oeuvres du Fonds Régional d’Art Contemporain ( !), la création d’une police régionale des transports (TER, bus, gares), l’installation d’adjoints techniques de surveillance et de sécurité dans les lycées, le soutien financier et matériel aux mères de famille et aux familles nombreuses, l’encouragement de la construction de logements fidèles au patrimoine bâti local, le soutien au projet LGV Poitiers-Limoges, l’organisation de salons d’artistes « indépendants » pour promouvoir les artistes locaux « qui ne plaisent pas au pouvoir » - ce qui me rappelle quelque chose, un « écrivain » régionaliste m’ayant traité sur son blog d’écrivain « politiquement correct ». Vincent Gérard était en deuxième position sur la liste Haute-Vienne. Si, en 2004, la liste F.N. de Patricia Gibeau avait obtenu 9,31% des suffrages, celle de 2010 en obtint 7,76. C’est en Haute-Vienne que le F.N. fit le plus de voix : 8,45%. Le Parti de la France en Limousin (Carl Lang, M.N.R.), écrivit aimablement sur son blog le 5 mars 2010 : « Nicole Gauthier Daccord a encore une fois  ridiculisé les électeurs  de droite nationale. La prestation est à la hauteur de sa capacité culturelle. Heureusement que le ridicule ne tue pas, décidément, performance télévisée ou audition radio sont aussi nulles  les unes que les autres […] cette femme aux airs égocentriques a dû longtemps laisser son nombril à la place du cerveau. Les journalistes ont été ébahis par son ignorance et ont bien été gentils de ne pas l’abaisser davantage. La grenouille qui se voulait aussi grosse que le bœuf, est-ce dans la culture de Madame Nicole Gauthier-Daccord ? ». Drôle d’ambiance à l’extrême-droite.
Le 5 avril 2012, les Redskins de Limoges ont mis en ligne sur leur site ce message : « …nous pouvons retrouver, dans l'entourage du FN 87, les individus assurant les actions coup de poing et qui appartiennent à « Front des Patriotes », une organisation se revendiquant de l'héritage du nationalisme, du nazisme et du nationalisme-révolutionnaire ; mais aussi de « Lémovice », le plus tout jeune groupe de musique néo-nazi de Limoges qui organise les concerts nostalgiques à la gloire d'Adolphe Hitler et du Troisième Reich dans la région. En effet, nous remarquons que ces individus sont bel et bien présent-e-s lors des diffusions de tracts, des collages de propagande du FN localement. » A la date où j’écris ces lignes, le site du Front des Patriotes met en ligne des vidéos de Serge Ayoub ; en 2009, le site s’entretenait avec le groupe Lémovice qui se revendiquait de la mouvance skinhead et qualifiait la gauche limougeaude de « socialo-bolchévique ».
A l’occasion du premier tour des élections présidentielles de 2012, le journaliste limousin Georges Châtain observa que « Jean-Luc Mélenchon arrive derrière Marine Le Pen, dont la forte percée est la principale surprise de ce scrutin. La présidente du FN devance ou talonne Nicolas Sarkozy dans un tiers des communes et siphonne littéralement ses voix dans certaines zones rurales. » En effet, si François Hollande obtint 35,90% des voix en Haute-Vienne, Nicolas Sarkozy (19,83%) devançait de peu Marine Le Pen (16,44%), Jean-Luc Mélenchon n’obtenant que 14,36% des suffrages. Le 24 mai 2012, le quotidien La Montagne a analysé le vote F.N. (avec parfois des scores supérieurs à 20%) dans le monde rural du Limousin et de l’Auvergne comme un « séisme » : les responsables agricoles notaient que les propositions du parti étaient contraires aux intérêts des agriculteurs, mais aujourd’hui, le monde rural est surtout peuplé de rurbains travaillant en ville et habitant à la campagne. Et certains habitants y sont en voie de paupérisation.
Globalement, on note donc que, dans un département historiquement ancré à gauche et acquis aux valeurs issues de la résistance, l’extrême-droite s’est constituée, au fil du temps, un noyau d’électeurs oscillant entre 8,5 et 16,5 des suffrages selon les élections. Nul doute que l’explication un peu simpliste du « vote de protestation » doit être complétée par celle du vote d’adhésion, d’autant plus avouable désormais que Marine Le Pen a réussi à faire évoluer l’image du parti et – selon l’expression consacrée – à le dédiaboliser. La crise économique qui frappe les plus modestes, mais aussi désormais les classes moyennes, les promesses parfois non tenues, les « affaires » Cahuzac, Guéant ou Tapie (et, d’une manière différente, DSK), la mondialisation et la perte de repères qu’elle entraîne, la remise en cause du modèle familial « traditionnel », le sentiment d’insécurité, l’incivilité… ont crispé les positions et certains discours qui ont conquis les chômeurs, les ouvriers, les employés inquiets, réussissent aujourd’hui à séduire plus largement. L’ignorer serait une erreur. Par ailleurs, les attaques très virulentes de certains à l’extrême-gauche contre le gouvernement et le Président de la République nourrissent la méfiance vis-à-vis de l’exécutif sans être « payantes » électoralement pour cette extrême-gauche. A Villeneuve-sur-Lot, le F.N. devance largement le Front de Gauche.

A la veille des élections municipales à Limoges, il convient d’abord de regarder les scores du F.N. aux dernières élections cantonales (2011). A Limoges-Carnot, le candidat F.N. Alain Gaudon, présent au second tour face au P.S., a obtenu 31,32% des voix. A Limoges-Emailleurs, qui a vu l’U.M.P. Raymond Archer l’emporter, Maxime Labesse, F.N., a obtenu 15,26% des suffrages au premier tour. A Limoges-La-Bastide, Nicole Daccord, a obtenu… 36,98% au second tour face au socialiste. A Limoges-Le Palais, le F.N. François Antoine était aussi présent au second tour et a réalisé un score de 27,23%. Enfin, à Limoges-Vigenal, Bernard Tayane, F.N., est aussi arrivé au second tour où il a remporté 30,99% des voix. Force est donc de constater que le Front national a éliminé un certain nombre de candidats de la droite classique. Pour quelles raisons spécifiques, hormis celles déjà évoquées plus haut ? Sans nul doute parce que cette droite classique ne semble pas – dans certains cantons –présenter de candidats jugés suffisamment convaincants par les électeurs. C’est d’ailleurs le challenge pour la droite en vue des municipales à Limoges : savoir se renouveler, disposer de figures locales et battantes, sachant séduire la population par leurs idées sans être… trop à droite. Un travail qui aurait du être entrepris depuis plus de vingt ans. Contrairement à Bordeaux, la droite limougeaude n’a pas encore trouvé, semble-t-il, son Alain Juppé. En 1989, lorsque l’ancien sénateur-maire Louis Longequeue était encore candidat, la liste PS-PCF-MRG avait obtenu 40,86% et la liste RPR-UDF… 39,67% - les Verts s’étant maintenus au deuxième tour et obtenant 19,46% des voix, notamment d’électeurs exprimant leur agacement face à la énième candidature Longequeue mais ne voulant pas voter à droite. Un leader RPR-UDF très combattif aurait pu faire basculer Limoges à droite ! En analysant les résultats des cantonales, on observe également que ce sont plutôt les candidats modérés de la droite classique (comme Vincent Léonie ou Jean-Marc Gabouty) qui arrivent au second tour, on note également que, dans les duels P.S. – F.N., c’est toujours le candidat socialiste qui l’emporte.
On constate aussi que certains quartiers de la ville, comme celui de La Bastide, connaissent un vote F.N. très important, que l’on pourrait expliquer de diverses manières sans doute complémentaires. En effet, certains quartiers – certaines rues également désormais – de Limoges concentrent une population en difficulté et parfois aussi d’origine étrangère. On note de plus en plus, dans certaines zones de la ville, l’apparition de signes religieux ostentatoires, notamment vestimentaires, et la mairie s’est vue contrainte, suite à certaines demandes, de rappeler par affichage à l’entrée des écoles que la laïcité – qui est la loi en France – devait s’appliquer y compris dans les cantines scolaires. On pourrait donc craindre, par endroits, un repli communautariste (et de plusieurs communautés différentes). Certains actes ont par ailleurs exacerbé les tensions, comme les dégradations subies par la mosquée de Limoges, dont la façade a par exemple été maculée d’excréments, une façon de faire qui en dit long à la fois sur la stupidité de ceux qui ont commis cela mais aussi sur la progression de certaines idées. Les sociologues Didier Lapeyronnie et Laurent Courtois (qui enseigne à Limoges) ont enquêté dans un livre à propos de la notion de ghetto urbain où ils révèlent des points communs entre le vécu quotidien dans certains quartiers français et celui dans des ghettos américains ou brésiliens. En février 2009, Didier Lapeyronnie déclarait au Populaire du Centre que « le racisme existe, mais je ne crois pas à une France fondamentalement raciste. Le phénomène se concentre surtout vis-à-vis des Arabes, pour des raisons historiques, même s'il y a eu des améliorations, alors qu'il pèse moins sur les Noirs. Un sondage indiquait récemment que les Français étaient prêts à accepter un président Noir, mais pas quelqu'un d'origine maghrébine. Ceci dit, la discrimination s'exerce évidemment partout. Notre fonctionnement institutionnel lui-même a des effets discriminants ». Certes, il serait exagéré d’affirmer qu’il y a des ghettos à Limoges (il y a d’ailleurs une volonté d’intervention, y compris architecturale, avec la destruction des deux grandes barres de La Bastide, par exemple), mais il faut être très vigilant. Certains peuvent – à tort ou à raison – se sentir menacés par un communautarisme en voie de développement et il est évident que cette inquiétude peut être instrumentalisée politiquement. Travailler à une ville où il fait bon vivre dans la diversité mais sans repli identitaire est une nécessité absolue pour ceux qui l’administrent ou souhaitent le faire.

Ceux qui croient que l’extrême-droite doit être traitée en France et en Limousin par le mépris, par une ignorance feinte ou sincère, se trompent. Les actions de ces derniers mois de la droite identitaire la plus extrême (par exemple suite à des manifestations contre le mariage homosexuel ou à l’occasion de la mort de Clément Méric), les propos que l’on découvre avec stupéfaction sur internet, ont même prouvé combien certains se sentent aujourd’hui décomplexés, ce qui est révélateur d’un climat général. Les divisions de la droite classique, en particulier au sein de l’U.M.P., et particulièrement de ses militants, entre opposants et partisans d’alliances avec le F.N. montrent que les digues vacillent. Le Parti Socialiste (et ses futurs alliés – mais qui seront-ils à Limoges ?) doit donc être particulièrement attentif aux réponses à apporter à ceux qui, pour les diverses raisons que nous avons évoquées, se sentent prêts, à Limoges comme ailleurs, à glisser un bulletin de vote d’extrême-droite à l’occasion des prochaines élections.

mercredi 12 juin 2013

Christophe Coin quitte l'ensemble baroque de Limoges

(c) France Culture

Plus de vingt ans de collaboration fructueuse entre Christophe Coin, soliste prestigieux et musicien internationalement reconnu, et l’Association gestionnaire qui lui a confié en 1991 la direction de l’Ensemble Baroque de Limoges (créé en 1984) ont permis, au fil de vingt-deux saisons musicales variées, de fidéliser un important public en Région Limousin, et sur Limoges en particulier.
Soutenu sans faille par les différentes instances partenaires, le projet artistique de Christophe Coin, entouré d’un  noyau de fidèles musiciens et administrateurs, a été au cœur de la création du site de La Borie, qui, outre les concerts, a hébergé plusieurs colloques internationaux de référence.
Une bonne vingtaine d’enregistrements discographiques, pour la plupart de répertoire inédit, qui a obtenu de nombreuses récompenses et la reconnaissance des mélomanes du monde entier, demeure le témoignage de ces efforts communs et de l’excellence de cette formation.
La Fondation La Borie-en-Limousin, reconnue d’utilité publique en 2009, développant et diversifiant ses activités et ses choix artistiques a décidé, d’un commun accord avec Christophe Coin, de mettre fin à leur collaboration.
Par ailleurs, la Ville de Limoges aurait décidé de ne pas reconduire sa subvention à l'orchestre dont l'avenir peut sembler incertain - sa disparition serait une immense perte pour le Limousin.

dimanche 9 juin 2013

Monique Boulestin e(s)t Aliénor d'Aquitaine

Monique Boulestin, ancienne première adjointe du député-maire de Limoges, ex-députée ayant fidèlement soutenu François Hollande mais non investie par le Parti Socialiste de la Haute-Vienne aux dernières législatives, aurait pu - classiquement - consacrer son temps de méditation post déception politique à la rédaction d'un livre de mémoires, et elle aurait eu, sans doute, beaucoup à dire, y compris sur ces derniers mois! Mais elle a surpris en publiant un récit historique romancé consacré à Aliénor d'Aquitaine. Cela n'est cependant pas si surprenant lorsqu'on sait que sa famille, originaire de Châlus, s'intéressa depuis fort longtemps au château au pied duquel fut mortellement blessé Richard Coeur de Lion - roi sans doute plus Français qu'Anglais, roi sans doute plus Limousin que Français... Elle-même fut un temps guide de ce château. 
Mais à bien y regarder, ce livre est le portrait d'une reine, d'une femme forte vraiment politique qui pourrait être comme un modèle pour Monique Boulestin: un lien se tisse ainsi entre elles à travers les siècles, et l'ancienne brillante députée qui fit tant pour la lecture publique à Limoges, pourrait s'exclamer, parodiant Flaubert à propos d'Emma Bovary: "Aliénor d'Aquitaine, c'est moi!". Petite fille cultivée d'un comte-troubadour, raffinée et intelligente, très belle selon ses contemporains, Aliénor fut à quinze ans l'épouse du "fade" roi de France Louis VII et en divorça, essuyant à l'occasion de vilaines calomnies qui firent ressembler le procès - où elle garda imperturbablement le silence - à une véritable chasse aux sorcières... Remariée à Henri II Plantagenêt, elle connut enfin le bonheur, celui d'une épouse aimée, mère de famille nombreuse (Richard est son fils, l'une de ses petites filles est Blanche de Castille...), femme "de tête", intelligente et cultivée, fréquentant troubadours et émailleurs de l'abbaye Saint-Martial de Limoges du temps de sa splendeur européenne. Femme s'intéressant à la fois au Limousin, à l'Aquitaine, femme "européenne" avant l'heure. Bien des points communs avec Monique Boulestin, donc, qui pourrait désormais espérer, après avoir connu un engagement régional puis national, un destin européen, ce qui, bien sûr, ne saurait exclure un retour au coeur du Limousin où elle bénéficie toujours de solides amitiés.

Promenons-nous à Limoges... avec l'Institut National de l'Audiovisuel

mercredi 5 juin 2013

Et si "Emailleurs contemporains" (Culture & Patrimoine en Limousin) était aussi un livre "politique"?

L'ouvrage essentiel de Simone Christel - ponctué de très beaux documents et témoignages d'émailleurs et anciens animateurs et permanents de la Biennale - est une présentation précieuse des émailleurs novateurs et créateurs de la deuxième moitié du 20ème siècle (jusqu'à aujourd'hui) mais aussi des responsables des diverses biennales internationales, à commencer par son créateur: le peintre, émailleur, décorateur et galeriste Georges Magadoux (suivi par Gérard Malabre et Michel Kiener). 
Il est préfacé par Robert Savy, le président honoraire de la Région Limousin, qui fit tant pour dynamiser le Limousin. Il y livre un témoignage important: "l'émail a un avenir à Limoges. Sa pérennité est une exigence de notre histoire et de notre identité (...) notre temps, que guettent les dangers du virtuel et de l'éphémère, a besoin de l'émail: il est la synthèse précieuse de ce que la main et l'esprit de l'homme peuvent réaliser avec la matière et le feu."
Le message de ce beau livre est que l'émail limousin n'a cessé de vivre, disparaître et renaître: au Moyen Age, à la Renaissance, au cours du siècle 1840-1940... avec Camille Fauré, puis le délicat et attachant Léon Jouhaud, fils d'orfèvre, médecin devenu émailleur (1874-1950). Il montre que dans les temps gris, sombres, de l'Occupation, l'Ecole d'arts décoratifs de Limoges fut un lieu de rencontres et de création, suscitant de nombreuses vocations. On y croisait le photographe Izis, le poète et futur écrivain Bob Giraud, la poète-paysanne Marcelle Delpastre, le futur mime Marceau, René Rougerie, et de futurs émailleurs comme Christian Christel, Roger Duban ou Boris Weisbrot. Simone Christel montre bien comment les "novateurs" révolutionnèrent l'art de l'émail en Limousin pour lui faire vivre l'une de ses renaissances. Comment, ensuite, les Biennales (dont le centre névralgique était la chapelle du Lycée Gay-Lussac...) furent l'occasion de rencontres, d'échanges, des émailleurs du monde entier (jusqu'à la Chine et autres antipodes) et, plus largement, de créateurs, designers... une volonté d'ouverture souhaitée par tous, en particulier Michel Kiener, alors adjoint de Louis Longequeue, sénateur-maire de Limoges (qui était déjà en train de créer l'Ensemble baroque de Limoges, en plus de son métier de professeur d'histoire au Lycée Gay-Lussac!). On peut lire avec intérêt son texte intitulé "Pour un émail vivant", propos comme toujours franc et intéressant. Il y écrit ce dont j'ai toujours été persuadé et qui reste d'actualité - comme ce blog tente de le montrer -: "Ma conviction était qu'une partie de l'avenir de Limoges passait par la carte de la culture. Cette ville d'art et d'histoire sans le titre devait être un foyer de création vivant. Devenu adjoint au maire en avril 1983, je tentai d'apporter ma pierre au projet." Avec les témoignages biographiques et artistiques captivants des émailleurs eux-mêmes, divers dans leur inspiration et leurs objectifs, on prend aussi plaisir à lire le texte de Marie-Noëlle Robert (que j'appréciais beaucoup comme permanente de la Biennale) et Philippe Rousseau, qui prouvent, si besoin en était, combien cet évènement était ambitieux. 
Mais la Biennale a disparu, pour diverses raisons vaguement évoquées dans le livre, voici vingt ans. Il a fallu attendre 2007 et la naissance de la Maison de l'Email, boulevard de la Corderie, pour que s'esquisse un (modeste) renouveau et qu'apparaissent de nouveaux jeunes créateurs talentueux, malgré les difficultés de cette profession. Pourtant, l'intérêt des Limougeauds (et des Limousins) pour les Arts décoratifs n'a pas disparu: le succès des expositions des vases Fauré (Galerie des Hospices) ou autour de Suzanne Lalique (Musée des Beaux Arts de Limoges) en attestent. Alors? Si l'on croyait Robert Savy? Si, à la veille du triste anniversaire de la disparition de la Biennale, qui coïncidera avec les élections municipales, une initiative forte était prise? La chapelle Gay-Lussac est toujours là, la Galerie des Hospices est justement hospitalière, la Bfm également... des partenariats sont possibles... des créateurs sont prêts... ainsi que bien des femmes et des hommes de bonne volonté (j'en serais volontiers!). Cette renaissance ne pourrait que bénéficier à notre ville, dont le label d'art et d'histoire est désormais officiel. Alors?

samedi 1 juin 2013

L'inauguration des Jardins sonores de La Borie

Formidable moment, ce vendredi 31 mai 2013, que l'inauguration des Jardins sonores de La Borie. C'était bien the place to be et - bien que La Borie soit située sur la commune de Solignac - il est évident que, par sa proximité et ses acteurs, ce moment et ce lieu sont liés à Limoges. La Borie était un domaine agricole du début du XVIIème siècle, composé d'un manoir, de vastes communs, d'un mur d'enceinte et de ses tourelles. Les moutons, indifférents à l'agitation humaine, y paissent encore dans de soyeux herbages densifiés par les pluies abondantes de ces derniers mois, qui n'ont pas facilité le travail aux aménageurs. Mais les dieux furent cléments, qui permirent une inauguration au sec...
Grâce à l'engagement obstiné, au talent, au travail, de personnalités fortes, La Borie est devenu l'écrin rayonnant de l'Ensemble Baroque de Limoges, dirigé aujourd'hui par Christophe Coin, salué en France et par-delà nos frontières (Victoires de la musique, quatre clefs de Télérama, etc.). Un rayonnement qui profite donc incontestablement à Limoges et au Limousin. Progressivement, La Borie a étendu son champ au-delà du baroque, pour devenir un formidable lieu de création pour la musique et les arts du son, disposant d'un label discographique de grande qualité. Cette réussite, prolongée par cette très intelligente mise en place des jardins sonores, est le fruit d'une collaboration entre différents partenaires, mais il faut - en premier lieu - saluer Michel Kiener, professeur honoraire d'histoire et géographie au cher vieux Lycée Gay-Lussac de Limoges, adjoint au maire de Limoges de 1983 à 2008, qui fut le fondateur de l'Ensemble Baroque. Je me souviens que, jeune animateur d'un magazine radiophonique sur HPS Diffusion, à Limoges, en 1983, j'ai réalisé mon premier entretien avec lui, venu me parler, avant la campagne des Municipales, d'une étude qu'il avait réalisée à propos des musiques à Limoges. Beaucoup, alors, était à inventer. Je me souviens des premiers concerts de musique baroque dans de petites salles, comme celle d'Expression 7, de Max Eyrolle. Je sais combien Michel Kiener oeuvra et je lui en suis fort reconnaissant - j'apprécie cet homme de caractère. Je me souviens aussi que Jean-Michel Hasler fut le premier directeur de l'orchestre. Aux côtés de Michel Kiener, il faut aussi saluer Isabelle Depret Bixio, femme d'exception, devenue administratrice de l’ensemble baroque de Limoges au début des années 90. Elle s'est exprimée avec beaucoup de conviction et d'émotion (saluant son équipe) lors des discours officiels. L'entreprise culturelle bénéficia également du soutien d'un club d'entrepreneurs-mécènes dirigé par Louis de Neuville, aujourd'hui président honoraire, ainsi que de celui des collectivités locales, de l'Etat, de l'Europe et d'autres partenaires privés, comme la Fondation Total (mais il faut dire en vérité qu'ayant ramassé les oiseaux marins sur l'Île de Groix au moment du naufrage de l'Erika, je suis resté assez hermétique lorsque la représentante de cette fondation récita du Baudelaire...). Claude Sales, président de la Fondation La Borie, a parlé avec justesse et poésie...

Sur cette photo (malheureusement légèrement floutée... à cause de l'émotion): Michel Kiener, à gauche, monté discrètement sur la scène à la demande d'Isabelle Depret Bixio. On s'étonne que M. Reilhac, représentant la Région Limousin, ait oublié dans un premier temps de le saluer.

Isabelle Depret Bixio expliquant l'une des installations sonores: de petites chutes d'eau recréant des notes de musique et donnant l'impression d'un poétique orchestre liquide...
 Louis Dandrel, designer sonore, présente malicieusement les installations du jardin.
L'un des principaux artisans de ces magnifiques jardins sonores est Louis Dandrel. Né en 1939, il a reçu une double formation de musicien au Conservatoire de Paris et de littéraire à la Sorbonne. Entre 1965 et 1980, il est journaliste et critique musical au Monde puis directeur de France Musique. Il crée le Centre de dramaturgie de l'Opéra de Paris aux côtés de Rolf Liebermann, puis le mensuel Le Monde de la Musique, ainsi que Radio-Classique. En 1980, il ouvre à Paris un studio de créations sonores appliquées à l'architecture et au design, Diasonic, doublé d'une unité de recherche transférée aujourd'hui à l'Ircam. Son activité de compositeur l'a toujours mené à la rencontre des genres. Ses compositions sont le plus souvent dédiées à des espaces publics : jardins sonores à Hong-Kong, à Osaka, au Mont-Saint-Michel, sculpture sonore à La Villette à Paris et en juin 2005 une esplanade à Tartu en Estonie. Pour les festivités de l'an 2000, il imagine La Roue de la musique et compose Le Chant des étoiles, où sont transposées des ondes captées par les radiotélescopes. Rien d'étonnant, donc à ce qu'il ait pris part à ce projet à La Borie. 

Ces installations sont une merveilleuse invitation à la rêverie poétique, à la méditation visuelle et auditive: elles utilisent l'eau, la céramique, l'émail, la porcelaine, le bois... les froissements de feuilles, les crissements de pierres, le souffle léger du vent. Même le train Paris-Toulouse qui fait un temps entendre son bruit (souhaitons qu'il le fasse encore longtemps!) participe de cette mise en sons et en musiques. 
 Parmi les invités, la poète Marie-Noëlle Agniau se laisse gagner par l'inspiration au bout d'un ponton de bois avançant au milieu de la prairie...

L'étang et sa structure lumineuse et sonore de 100 m2, l'un des autres attraits des jardins de La Borie.
Œuvre collective, les Jardins sont le fruit du talent et de la passion de Louis Dandrel (designer sonore), Emma Blanc (paysagiste, au centre sur la photo), Patrick Rimoux (sculpteur lumières), Gilles Valette (cultivateur de lien social), Pierre Lagedamon (botaniste et jardinier), Gérard Borde (CRAFT), Jean-Luc Thomas (responsable des chantiers d’insertion jacquaires), Pierre Perraud (ingénieur hydraulique)... on s'amusa, lors des discours officiels, à entendre l'un d'eux pousser des cris de dinosaure, et donc rompre la monotonie habituelle lors de ce genre de cérémonie.  Avant la musique et les petits fours, on entendit également de fabuleux imitateurs de cris d'oiseaux...
L'auteur de ce blog, très heureux d'avoir participé à ce moment à la fois historique, officiel et convivial, qui reviendra bientôt en ces lieux pour s'en inspirer...
 Autre lieu et réalisation: 19 tables dans le potager-verger... un repas en préparation dans chaque "bac". On imagine toutes les inventions culinaires ainsi permises à la talentueuse Séverine Hostein, chargée de la cuisine et de la gastronomie à La Borie!
Lors de son discours au nom de la Fondation du Patrimoine, Tristan d'Albis (Ministre Plénipotentiaire E.R.), a eu des mots très justes, disant combien les Limousins pouvaient être fiers de La Borie et combien ce projet était cohérent et d'envergure. Ce lieu devient un lieu essentiel et structurant du Limousin et du grand Limoges. Un lieu ouvert aux populations locales (y compris les scolaires), mais aussi venues de toute la France et du monde entier. Un lieu touristique et culturel majeur, qui va également permettre le développement d'autres sites proches. Il y a vingt ans exactement, dans mon livre Châlucet en Limousin (Editions Lucien Souny, épuisé), alors que je me démenais pour sauver cet autre site important, je soulignais l'importance de la vallée de la Briance, considérée comme une unité paysagère limousine caractéristique et donc touristique digne d'intérêt (je me souviens même avoir alors tenu ces propos sur la toute jeune chaîne d'informations LCI...). Nul doute que nous y sommes. Les jardins de La Borie - dans l'esprit du Festival international des jardins à Chaumont-sur-Loire, que j'aime aussi beaucoup, mais avec leurs propres particularités -, le domaine, l'Ensemble Baroque de Limoges, les autres manifestations et réalisations culturelles, l'investissement raisonné des différents partenaires, font de ce lieu patrimonial bâti et naturel l'un des plus beaux et des plus attrayants endroits du Limousin. 
Ceux qui ont initié et ceux qui ont aidé ce formidable projet doivent être assurés de la reconnaissance des Limousins.